Quand l’emploi américain et Broadcom font trembler les Bourses mondiales
Des créations d’emplois inattendues aux États-Unis et des résultats décevants de Broadcom ont provoqué un plongeon du Nasdaq, entraînant les marchés de Tel-Aviv à Taipei.

Vendredi noir sur les places financières mondiales. Le Nasdaq a chuté de plus de 4 %, le S&P 500 de 2,6 % et le Dow Jones de 1,4 %, tandis que l’indice des semi-conducteurs de Philadelphie s’effondrait de 10,26 %. À l’origine de cette onde de choc, un rapport sur l’emploi américain bien meilleur que prévu, avec des créations de postes qui ont anéanti les espoirs d’une baisse des taux par la Réserve fédérale, ravivant la crainte d’un nouveau tour de vis monétaire. S’y est ajoutée la douche froide des résultats trimestriels de Broadcom, dont les prévisions décevantes ont lourdement pesé sur l’ensemble du secteur technologique.
La déferlante n’a épargné aucune région. A Tel-Aviv, la Bourse a accusé le coup, les valeurs israéliennes des semi-conducteurs comme Valens Semiconductor perdant jusqu’à 35 %. A Taïwan, où l’indice phare avait bondi de plus de 13 000 points en deux mois, la séance de lundi s’annonçait sous les pires auspices : le contrat à terme sur l’indice TAIEX a plongé de plus de 3 000 points en séance nocturne, un record. Les analystes de Taipei évoquent une « somme de toutes les peurs », combinant prises de bénéfices, appels de marge et ventes forcées des investisseurs étrangers. Même tonalité en Inde, où les courtiers recommandent désormais de ne se positionner qu’à la baisse tant que le Nifty ne franchit pas certains seuils techniques.
Au-delà des chiffres, c’est toute une mécanique de marché qui semble se gripper. La presse économique européenne, notamment le quotidien zurichois Neue Zürcher Zeitung, y voit l’effet d’une insatiable soif de capitaux de la part des entreprises d’intelligence artificielle. Cette ruée vers l’IA aurait provoqué une rareté des liquidités, illustrée par la décision de fonds privés comme Partners Group et Blackstone de limiter les rachats de parts. Le bitcoin n’a pas été épargné, chutant à son plus bas niveau depuis l’investiture de Donald Trump. En Italie, le Libero Quotidiano ironise sur les trois « pessimistes » – Warren Buffett, Michael Burry et Leopold Aschenbrenner – dont les mises en garde, longtemps moquées, semblent soudain prophétiques.
Des facteurs géopolitiques contribuent à la fébrilité ambiante. Les médias israéliens rappellent les tensions persistantes entre Washington et Téhéran, ainsi que les échanges de tirs avec le Hezbollah, qui pourraient déstabiliser davantage la région. Par ailleurs, les investisseurs redoutent l’impact d’une éventuelle introduction en Bourse de SpaceX, susceptible d’aspirer encore plus de liquidités. Face à ce tableau, les regards se tournent vers les prochains indicateurs d’inflation américains. S’ils confirment la vigueur de l’économie, un resserrement monétaire pourrait prolonger la correction, tandis qu’un ralentissement des prix offrirait un ballon d’oxygène. Mais pour l’heure, de Wall Street à Taipei, la prudence domine.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Un rapport sur l'emploi américain plus fort que prévu a déclenché une forte vente, le Nasdaq subissant sa pire chute depuis des mois. Les craintes que la Fed maintienne des taux élevés ont alimenté la baisse, effaçant les gains. Le marché est maintenant sur le fil du rasoir, les investisseurs se préparant à davantage de volatilité.
Local investors are bracing for a stormy trading day after a massive sell-off in US tech stocks, with Israeli chip and software stocks expected to be hit hard. The strong US jobs report dashed hopes for rate cuts, triggering panic. One Israeli software stock has already crashed 99% from its peak, highlighting the severity of the downturn.
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