L’OMS face à une épidémie d’Ebola qui prend de vitesse la riposte internationale
L’alerte internationale est déclarée pour la souche Bundibugyo en RDC et en Ouganda. Le traçage des contacts reste très insuffisant, les restrictions de voyage entravent l’aide et le financement manque.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a reconnu, mercredi 3 juin, que l’épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda avait pris une avance considérable. Le virus, une souche Bundibugyo rare contre laquelle il n’existe pas de vaccin homologué, aurait commencé à circuler dès le mois de janvier, plusieurs mois avant sa détection officielle. Selon les autorités congolaises, le bilan s’élève à plus de 340 cas confirmés et une soixantaine de décès en RDC, tandis que l’Ouganda voisin déplore une quinzaine de contaminations et un mort. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a estimé que la riposte était « encore à la traîne », tout en se disant encouragé par les progrès du dépistage.
Cette flambée, la dix-septième que connaît la RDC et la troisième en ampleur, doit son caractère inquiétant à plusieurs facteurs. La presse africaine et les experts locaux soulignent que la similitude des symptômes avec le paludisme complique le diagnostic précoce, tandis que l’activité minière expose les travailleurs à des réservoirs animaux du virus. La méfiance d’une partie de la population envers les autorités sanitaires, alimentée par des années de conflits armés dans l’est du pays – notamment les attaques de groupes affiliés à l’État islamique – entrave le traçage des contacts, qui reste bloqué à 45 %, bien en deçà de l’objectif de 90 % nécessaire pour casser les chaînes de transmission.
Sur le plan international, la riposte se trouve écartelée entre urgence sanitaire et réflexes de repli. Plusieurs pays occidentaux, dont le Canada, ont suspendu la délivrance de visas aux ressortissants congolais et imposé des quarantaines aux voyageurs en provenance de la région, des mesures que l’OMS juge contre-productives car elles perturbent les chaînes d’approvisionnement en matériel médical et en personnel. L’organisation, basée à Genève, recommande plutôt un contrôle aux points de sortie. Les médias européens relèvent que ces restrictions pourraient être levées si la communauté internationale accepte de financer à la hauteur des besoins : seuls 35 % des 115 millions de dollars réclamés par l’OMS pour les trois prochains mois ont été mobilisés.
Cette épidémie illustre les failles d’un système de santé mondial qui tarde à se mobiliser face à des crises localisées mais potentiellement expansives. Sans vaccin disponible, le seul rempart repose sur des mesures sanitaires classiques, minées par l’insécurité et le manque de ressources. Alors que la mobilité des réfugiés et la porosité des frontières en Afrique centrale et orientale font craindre une propagation incontrôlée, l’OMS insiste sur la nécessité d’une réponse coordonnée et solidaire. À défaut, le virus pourrait continuer à gagner du terrain, rappelant les douloureuses leçons de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest.
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L'épidémie d'Ebola en RDC et en Ouganda progresse plus vite que la réponse internationale, entravée par l'insécurité et un traçage lacunaire. Les restrictions générales aux voyages, comme la suspension des visas par le Canada, perturbent les chaînes d'approvisionnement et entravent l'aide, ce qui pousse l'OMS à en demander la levée.
La souche rare et létale Bundibugyo déclenche des alertes mondiales car elle ne dispose pas de vaccins efficaces. Sa propagation est favorisée par sa ressemblance avec la malaria, la méfiance sociale, l'exploitation minière qui expose aux réservoirs naturels du virus, les conflits armés et la fragilité des systèmes de santé. La forte mobilité des réfugiés risque de transformer l'épidémie en crise incontrôlable en Afrique centrale et orientale.
L'OMS remercie les autorités de la RDC pour les efforts qui permettent de contenir l'épidémie d'Ebola. Après un démarrage rapide qui a pris de court la réponse, sous la direction congolaise, les tests se sont améliorés et le traçage des contacts rattrape son retard, démontrant des progrès concrets.
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