L’Italie s’éveille à Roland-Garros : Cobolli et Berrettini en quarts, le PSG en invité surprise
Sous les yeux d’un PSG venu exhiber ses trophées, deux Italiens se hissent en quarts de finale d’un tournoi privé de favoris. Les journaux argentins pleurent Cerúndolo, les médias italiens exultent.

Dans un tournoi orphelin de ses têtes d’affiche — Sinner éliminé prématurément, Alcaraz et Djokovic forfaits —, l’Italie a fait main basse lundi sur les quarts de finale messieurs de Roland-Garros. Flavio Cobolli et Matteo Berrettini y ont respectivement dompté l’Américain Zachary Svajda (6-2, 6-3, 6-7, 7-6) et l’Argentin Juan Manuel Cerúndolo (6-3, 7-6, 7-6), offrant à la Péninsule une double présence inédite à ce stade de la compétition depuis près d’un demi-siècle. La presse italienne, de La Repubblica à Il Giornale, célèbre une « journée historique », quand les médias argentins, de Clarín à La Gaceta, saluent la résistance de Cerúndolo, épuisé après avoir terrassé Sinner au tour précédent.
Le parcours des deux Romains s’écrit toutefois en lettres contrastées. Cobolli, ancien pensionnaire du centre de formation de l’AS Roma, a tremblé après avoir mené deux manches à rien, confessant au micro de Caroline Garcia : « J’ai failli me faire dessus à la fin. » Comme le rapporte Adnkronos, il s’est aussi illustré par un geste de fair-play en aidant Svajda après une chute contre la chaise de l’arbitre. Berrettini, lui, a fait parler sa résilience. Revenu de blessures à répétition, classé 105e mondial en début de quinzaine, il a renversé Cerúndolo dans deux tie-breaks irrespirables, savourant sa « résurrection » sur le court Suzanne-Lenglen. Le quotidien argentin La Gaceta souligne que l’Albiceleste a payé au prix fort les quatorze heures passées sur la terre battue par son protégé.
Mais ce huitième de finale a aussi été marqué par une irruption du football dans le temple de la terre battue. En début d’après-midi, quatre joueurs du Paris Saint-Germain — Ousmane Dembélé, désormais Ballon d’Or, Bradley Barcola, Warren Zaïre-Emery et Désiré Doué — ont débarqué sur le Central Philippe-Chatrier avec les deux Ligues des champions remportées par le club. Une « surprise », rapporte Le Figaro, qui ancre un peu plus le tournoi dans le paysage sportif parisien, à deux pas du Parc des Princes. La presse anglo-saxonne, de The Independent au Times of India, note le clin d’œil ironique : Cobolli, passé tout près d’une carrière dans le Calcio, s’est joint à la célébration, rêvant peut-être de soulever lui aussi un trophée dimanche prochain.
L’horizon est désormais dégagé pour les Azzurri. Dans une partie de tableau où ne subsiste plus aucun vainqueur en Grand Chelem, Cobolli affrontera Felix Auger-Aliassime ou Alejandro Tabilo, tandis que Berrettini attend le vainqueur du duel entre Matteo Arnaldi et Frances Tiafoe. Un quart de finale 100 % italien est même possible. « Le tennis est l’amour de ma vie, a lancé Berrettini, sans cela je ne serais pas là. » Pour la première fois depuis Adriano Panatta en 1976, un Italien pourrait inscrire son nom au palmarès de Roland-Garros — un rêve que ni l’absence des géants ni la concurrence européenne ne semblent en mesure de ternir.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Les médias latino-américains dépeignent le PSG débarquant à Roland Garros avec le trophée, volant la vedette au tennis, tandis que l'Argentin Cerúndolo quittait le tournoi après un parcours de rêve.
La presse italienne célèbre une journée triomphale à Roland Garros, avec Cobolli et Berrettini en quarts de finale, prouvant que l'Italie peut rêver même sans Sinner.
Les médias indiens relatent sobrement la présentation du trophée par Dembélé au stade Roland Garros, notant l'ovation mais sans lien avec le tennis.
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