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lundi 8 juin 2026 · Édition de 20:00 CET

L’Italie et la France enquêtent sur le ministre israélien Ben-Gvir pour tortures présumées

Le parquet de Rome a officiellement mis en cause Itamar Ben-Gvir dans l’affaire de la « Flottille de la Sumud » et des mauvais traitements infligés aux militants pro-Gaza. Paris mène une enquête parallèle, tandis que le ministre israélien répond par le mépris.

Géopolitique21 sources6 langues3 min de lectureMàj 03:20

La décision des autorités judiciaires italiennes d’inscrire Itamar Ben-Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, au registre des mis en cause dans une enquête pour torture et séquestration de personnes marque une nouvelle étape dans la confrontation entre les justices européennes et le gouvernement Netanyahou. L’affaire, révélée lundi par l’agence ANSA [A10] et confirmée par de multiples médias italiens [A3][A11][A13], a immédiatement provoqué une réaction cinglante du dirigeant d’extrême droite, qui a raillé sur les réseaux sociaux un « pays de la Botte devenu le pays des claquettes » [A17][A18].

L’enquête fait suite à l’interception, en mai 2026, de la « Global Sumud Flotilla » par les forces israéliennes dans les eaux internationales. Plusieurs dizaines de militants, dont des citoyens italiens et français, avaient été arrêtés dans le port d’Ashdod, menottés et contraints de s’agenouiller. Une vidéo publiée par Ben-Gvir lui-même le montrait ironisant sur ces prisonniers, « Welcome to Israel », devant des soldats hilares [A19]. Pour la justice italienne, ces images, conjuguées aux témoignages d’activistes recueillis par les carabiniers du ROS [A11], étayent des soupçons de crimes internationaux au sens de la Convention contre la torture. La procédure s’appuie sur le principe de personnalité passive, qui autorise Rome à poursuivre des faits commis à l’étranger dès lors que des nationaux en sont victimes [A1][A7].

Cet activisme judiciaire n’est pas isolé. Quelques jours plus tôt, le Parquet national antiterroriste français avait ouvert une enquête préliminaire visant le même ministre pour « torture » et « crimes de guerre » [A6][A2]. Les organisations humanitaires et les porte-parole de la flottille, comme l’Italienne Maria Elena Delia, saluent une démarche « sacro-sainte », tout en rappelant que Ben-Gvir n’est que l’expression d’un « système plus large du gouvernement Netanyahou » [A3][A5], une analyse partagée dans la presse arabe qui insiste sur la responsabilité collective d’Israël [A2][A14].

Du côté israélien, la presse hébraïque relaie l’indignation du ministre, venu répéter qu’il n’a « pas peur » des investigations étrangères [A16]. Au-delà des insultes, la ligne de défense consiste à dénoncer une campagne de « mensonges pro-terroristes » fomentée par des organisations propalestiniennes ayant saisi la Cour pénale internationale [A16]. Cette rhétorique illustre un fossé grandissant entre les démocraties européennes, qui entendent utiliser leurs outils juridiques pour sanctionner des responsables israéliens, et un gouvernement de Jérusalem qui rejette toute juridiction étrangère.

L’affaire de la flottille pourrait ainsi devenir le catalyseur d’une jurisprudence continentale sur la poursuite universelle des violences étatiques israéliennes. Si les enquêtes italienne et française aboutissaient à des mises en examen ou à des mandats d’arrêt, elles enverraient un signal fort à la CPI, mais risqueraient aussi d’aggraver les tensions diplomatiques entre la France, l’Italie et Israël — deux pays qui, il y a peu encore, s’abstenaient de toute confrontation judiciaire directe avec l’État hébreu.

Cette actualité est parue dans

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L'Espresso8 juin, 23:13
La Stampa8 juin, 23:13
HuffPost Italia8 juin, 23:13
Al-Monitor Iran Pulse8 juin, 23:13
Open8 juin, 23:15
Al-Manar Arabic9 juin, 01:17
An-Nahar8 juin, 23:15
ANSA Politica8 juin, 23:14