L'Iran accuse l'AIEA de politiser le dossier nucléaire en instrumentalisant les conséquences d'attaques étrangères
Téhéran rejette les « ambiguïtés » pointées par le directeur général de l’Agence, Rafael Grossi, et attribue les restrictions d’accès aux frappes américaines et israéliennes sur ses installations sous garanties.

La tension est montée d’un cran entre Téhéran et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), après que le directeur général Rafael Grossi a évoqué des « ambiguïtés » persistantes concernant le programme nucléaire iranien, notamment l’impossibilité d’accéder à certains sites endommagés et une « perte de continuité des connaissances ». L’Iran, par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi, a dénoncé une « politisation » des rapports techniques, transformés en « instruments de pression politique » au lieu de contribuer à une solution diplomatique. La presse iranienne, citant les déclarations du diplomate sur le réseau X, rapporte que cette situation n’est pas née du vide : les installations nucléaires sous garanties ont été la cible de multiples attaques militaires menées par les États-Unis et Israël – frappes que M. Grossi n’a, selon Téhéran, jamais condamnées.
La riposte iranienne a également été portée lors d’une réunion spéciale du Conseil des gouverneurs de l’AIEA. La délégation iranienne y a qualifié ces attaques de « plus vastes et sans précédent » contre des installations sous garanties dans l’histoire de l’Agence, rappelant que cette dernière avait su réagir fermement en 1981 lorsque Israël avait bombardé le réacteur irakien d’Osirak. Les médias persans, s’appuyant sur les propos tenus à Vienne, évoquent un total de dix-sept vagues d’assauts lors des récents conflits, dont un dangereusement proche de la centrale de Bouchehr. L’Iran met en garde contre une « normalisation » de telles agressions, qui menacerait l’intégrité du régime de non-prolifération.
La presse lusophone et arabophone relaie l’argument central de Téhéran : la perte de capacité de surveillance de l’AIEA sur plusieurs sites découle directement des bombardements, et non d’un défaut de coopération iranien. Dès lors, reprocher à l’Iran les conséquences d’une dégradation qu’il n’a pas provoquée constitue, selon M. Gharibabadi, un « deux poids deux mesures » inacceptable. L’absence de condamnation des frappes par le directeur général alimente le soupçon d’une Agence inféodée aux intérêts occidentaux, comme le soulignent des analystes cités par la presse anglophone.
Ces accusations surviennent alors que les discussions sur le nucléaire iranien s’enlisent et que la crédibilité du mécanisme onusien de vérification est mise à l’épreuve. Pour la presse internationale, le double échec – l’incapacité à condamner les attaques contre des installations pacifiques et l’usage des conséquences de ces attaques pour alimenter le dossier iranien – risque de compromettre durablement la possibilité d’un règlement négocié. Le débat au Conseil des gouverneurs devient ainsi un test pour la communauté internationale : soit elle réaffirme l’inviolabilité des sites sous garanties, soit elle accepte, de facto, la militarisation du dossier nucléaire.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Le rapport de l'AIEA ignore la cause profonde : les frappes militaires américaines et israéliennes contre des installations sous garanties. Le directeur général, inféodé à l'Occident, n'a jamais condamné ces agressions et utilise leurs séquelles pour créer un flou autour du programme nucléaire iranien. Téhéran avertit que la normalisation de telles attaques menace tout le régime de non-prolifération.
Des sources diplomatiques occidentales accusent l'Iran d'exploiter les frappes comme prétexte pour échapper aux vérifications et justifier l'enrichissement d'uranium. Le Conseil des gouverneurs reste concentré sur les stocks inexpliqués et le refus d'accès, voyant dans la rhétorique de Téhéran une diversion. L'impatience grandit face à la stratégie iranienne de victimisation.
Jérusalem considère le programme nucléaire iranien comme une menace existentielle et les frappes ciblées comme de l'autodéfense légitime. La plainte à l'AIEA relève de l'hypocrisie, après des années de dissimulation et de violations. Israël continuera d'agir pour empêcher un Iran nucléaire, au-delà des mises en scène diplomatiques.
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