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jeudi 4 juin 2026 · Édition de 10:00 CET

L'Europe impose ses conditions : visas russes et protection ukrainienne en question

Onze pays poussent pour un durcissement des visas touristiques pour les Russes, tandis que l'UE débat de l'exclusion des hommes ukrainiens de la protection temporaire.

Géopolitique8 sources5 langues3 min de lectureMàj 13:15

La pression s'accentue en Europe pour tarir le flux des touristes russes. Lors d'une réunion à Luxembourg, onze pays – dont la Suède, la Pologne, les États baltes, la Finlande, la Tchéquie, le Danemark, les Pays-Bas, ainsi que la Norvège et l'Islande – ont adressé une lettre commune à la Commission européenne exigeant de restreindre l'octroi de visas Schengen aux ressortissants russes. Les arguments invoqués mêlent indignation morale et préoccupations sécuritaires : « Il est insensé qu’un demi-million de Russes viennent faire la fête en Europe pendant que des Ukrainiens meurent sur le front », a martelé le ministre suédois des migrations Johan Forssell. Les signataires s’inquiètent aussi des failles potentielles dans le filtrage des voyageurs. En 2025, plus de 620 000 visas ont été délivrés, en hausse par rapport à 2024, malgré la suspension dès 2022 du régime de facilitation et les recommandations de la Commission, restées non contraignantes. Les Nordiques et Baltiques, en première ligne, demandent désormais des mesures juridiquement coercitives.

Moscou a réagi par la voix de la Douma : selon Svetlana Jourova, vice-présidente de la commission des affaires internationales, ce tour de vis ne fera que « compliquer la vie des gens » sans accroître la pression sur le Kremlin. Cette critique souligne l’asymétrie des perceptions – là où les capitales pro-ukrainiennes voient un levier politique, les responsables russes n’y discernent qu’une punition collective sans effet stratégique. Toutefois, le front diplomatique s’élargit : en plus des pays traditionnellement durs, des États comme les Pays-Bas ou le Danemark affichent un alignement croissant, suggérant une cristallisation d’un bloc de « faucons » migratoires au sein de l’Union.

Parallèlement, la politique d’accueil des réfugiés ukrainiens connaît ses propres secousses. Le renouvellement du dispositif de protection temporaire, qui expire au printemps 2027, fait l’objet de débats auxquels se greffe une proposition polémique : exclure les hommes en âge de combattre, soumis à une interdiction de quitter l’Ukraine. Le vice-ministre chypriote de l’Intérieur Nicholas Ionnides a confirmé que « diverses idées circulent » au Conseil des ministres de l’Intérieur. Pour Johan Forssell, il est « raisonnable » que ces hommes restent défendre leur pays. En Suisse, la transition à venir des Ukrainiens du statut S vers des permis B et l’aide sociale ordinaire suscite de vives inquiétudes cantonales, avec un coût anticipé en hausse de 42 %. Ce cas helvétique illustre les dilemmes budgétaires et humains qui traversent le continent à mesure que le conflit s’installe de manière durable.

Cette double offensive – restriction des visas russes et redéfinition du statut des déplacés ukrainiens – dessine un durcissement européen à deux vitesses. D’un côté, il s’agit d’affirmer une solidarité proactive avec Kiev en sanctionnant la société russe ; de l’autre, de répondre à une certaine lassitude des opinions publiques face à un engagement prolongé. Reste que ces orientations soulèvent des questions juridiques et humanitaires : comment garantir le droit d’asile tout en refusant la protection sur la base du sexe et de l’âge ? Et quel sera l’impact d’une fermeture accrue sur les dissidents russes, privés de voies de sortie légales ? Les mois à venir devraient révéler les fractures entre les États membres, partagés entre impératifs sécuritaires, devoirs moraux et contraintes intérieures.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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Tandis que la guerre fait rage en Ukraine et que les victimes civiles s’accumulent, les pays d’Europe continentale expriment une vive indignation face aux quelque 500 000 touristes russes qui obtiennent chaque année des visas Schengen pour des vacances ou du shopping. Ils réclament un durcissement immédiat des règles d’entrée dans l’Union et envisagent de retirer la protection temporaire aux hommes ukrainiens en âge de combattre, afin de ne plus offrir de refuge à ceux qui pourraient servir sur le front.

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Des sources parlementaires russes balayent la demande de onze pays européens de restreindre les visas Schengen, y voyant une mesure qui ne pénalise que les gens ordinaires sans faire pression sur le Kremlin. Cette initiative est commentée avec scepticisme, présentée comme un désagrément pour les citoyens plutôt que comme un instrument de politique étrangère efficace. La perspective d’un élargissement de l’UE à quarante membres est évoquée sans y voir un bouleversement des équilibres.

Cette actualité est parue dans

8 sources · 5 langues · fenêtre 24 h

Lenta.ru4 juin, 12:22
Le Figaro4 juin, 12:23
Open4 juin, 12:23
RBK4 juin, 12:23
Blick4 juin, 03:25
Meduza4 juin, 12:24
Kommersant4 juin, 09:36
Aftonbladet4 juin, 12:26