Jerome Powell alerte sur la « stress test » politique de la Fed
L'ex-patron de la Réserve fédérale a reçu le « prix du courage » pour avoir défendu son indépendance face à Donald Trump, tout en avertissant contre une politisation qui menacerait la crédibilité de l'institution.

L'ancien président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, a saisi sa première apparition publique depuis sa passation de pouvoir pour livrer un plaidoyer vibrant en faveur de l'indépendance des banques centrales. S'exprimant dimanche à la bibliothèque présidentielle John-F.-Kennedy de Boston, où il recevait le « prix du courage » décerné par la fondation, il a mis en garde : « Si une administration trouve le moyen de révoquer des responsables de la Fed en raison de désaccords politiques, les prochaines administrations feront de même ». Dès lors, a-t-il ajouté, « le public perdrait foi dans le fait que la banque centrale prend ses décisions en fonction du seul intérêt de tous les Américains ».
Ce discours, l'un des plus directs de l'ancien banquier central, s'inscrit dans une défense plus large des institutions démocratiques américaines. M. Powell a évoqué les universités, les tribunaux, le Congrès et la banque centrale comme « le fondement et l'incarnation de notre démocratie », affirmant que l'indépendance de la Fed était un « atout inestimable » qui devait être protégé. La Fed elle-même, a-t-il souligné, traverse une « épreuve de résistance » (« stress test »), une métaphore révélatrice des tensions qu'elle subit.
La presse européenne, notamment en France et en Suisse, insiste sur la symbolique de ce « prix du courage » et sur la passation récente du témoin à Kevin Warsh, réputé plus proche de la Maison-Blanche. Les médias asiatiques, de Hong-Kong à New Delhi, replacent l'intervention dans un contexte de pressions répétées de Donald Trump, qui avait publiquement tenté de démettre la gouverneure Lisa Cook – une allusion à peine voilée selon le quotidien indien The Hindu. Les sources russes et arabes, quant à elles, mettent l'accent sur l'avertissement contre la politisation et la perte de confiance du public.
Au-delà du cas américain, cette séquence renforce une préoccupation mondiale quant à l'érosion de l'autonomie des banques centrales. De la Turquie à l'Inde, en passant par certains pays d'Europe orientale, les responsables monétaires sont de plus en plus souvent contestés par les pouvoirs exécutifs. La défense de M. Powell résonne comme un appel à préserver ce rempart institutionnel, à l'heure où la crédibilité de la Fed, pilier de l'économie mondiale, se trouve mise en doute.
L'arrivée de Kevin Warsh à la tête de la Fed pourrait marquer un tournant. Si celui-ci a déjà défendu l'indépendance de l'institution, sa proximité idéologique avec l'administration Trump laisse planer des interrogations. Une Fed plus perméable aux injonctions politiques risquerait non seulement d'alimenter les anticipations inflationnistes, mais aussi de fragiliser la coordination internationale des politiques monétaires. En filigrane, c'est la solidité des contrepoids démocratiques qui est en jeu.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Jerome Powell a reçu le «prix du courage» pour avoir défendu l'indépendance de la Fed face aux pressions de Trump. La banque centrale traverse un test de résistance, et son courage est célébré comme un rempart pour la stabilité monétaire.
L'ancien président de la Fed a mis en garde : la politisation de la banque centrale sapera la confiance. Si un gouvernement américain parvient à révoquer des responsables pour des divergences politiques, les gouvernements suivants feront de même, et le public perdra la foi dans la prise de décision de la Fed.
Powell a profité de son discours de remise du prix JFK pour défendre les institutions indépendantes, les qualifiant de piliers de la démocratie. Il a averti qu'elles font face à un test de résistance.
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