Israël hisse son drapeau sur le château de Beaufort et bouleverse le rapport de force au Liban
La prise de la forteresse médiévale par Tsahal, au-delà du Litani, marque une rupture stratégique, tandis que Paris convoque le Conseil de sécurité et que le cessez-le-feu vacille.

Au sud du Liban, la bannière bleue et blanche flotte de nouveau sur les remparts médiévaux de Beaufort, ce château bâti par les Croisés il y a neuf siècles. Les Forces de défense israéliennes (FDI) ont annoncé, dimanche 31 mai, s’être emparées de ce promontoire stratégique qui surplombe la région de Nabatieh, au terme d’une progression terrestre au-delà du fleuve Litani – la plus profonde incursion en territoire libanais depuis plus d’un quart de siècle. Pour le premier ministre Benyamin Nétanyahou, il s’agit d’un « changement radical » dans la campagne contre le Hezbollah, une rupture qui, selon ses mots, « a brisé la barrière de la peur ». Le ministre de la Défense, Israel Katz, a évoqué l’ombre portée de la « bataille héroïque » de 1982, exhumant un héritage mémoriel qui lie l’occupation passée du Sud-Liban à l’offensive actuelle.
Cette escalade militaire suscite une vive réaction diplomatique, en particulier sur le Vieux Continent. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a réclamé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies, dénonçant une « occupation de plus en plus profonde du territoire libanais » et qualifiant l’opération de « faute majeure » pour Israël. La France, puissance tutélaire au Liban, s’alarme d’une manœuvre qui sape un peu plus le fragile cessez-le-feu instauré le 17 avril entre l’État hébreu et le Hezbollah, déjà mis à mal par des échanges de tirs quotidiens. Les capitales européennes redoutent que cette nouvelle phase ne réduise à néant les efforts de désescalade parrainés par Washington.
Au-delà de la dimension tactique, l’avancée israélienne reconfigure l’équilibre régional et menace directement les pourparlers irano-américains en cours. Téhéran, soutien indéfectible du Hezbollah, voit dans la conquête de Beaufort un prétexte pour durcir sa position, tandis que la perspective d’un accord sur le nucléaire s’éloigne. Dans le monde arabe et en Asie, les analyses convergent : le contrôle de cette crête permettrait à Israël de dominer les axes routiers reliant Tyr, Sidon et le district de Nabatieh, étranglant les capacités logistiques de la milice chiite. Les déclarations de Nétanyahou, qui affirme que « bientôt le Hezbollah n’aura plus la capacité de menacer le nord d’Israël », sonnent comme une promesse de présence prolongée, en contradiction avec les résolutions onusiennes.
Alors que des pourparlers directs israélo-libanais se tiennent à Washington, l’occupation de ce verrou montagneux rappelle le cycle infernal des guerres passées : Beaufort était déjà tombé en 1982 lors de l’invasion israélienne. L’issue de cette nouvelle phase dépendra moins des succès tactiques immédiats que de la capacité des médiateurs internationaux à imposer un arrêt des hostilités. Faute de perspectives politiques, le drapeau hissé sur les hauteurs du Liban pourrait bien signaler, non une victoire décisive, mais l’enlisement d’une puissance occupante dans un conflit aux ramifications multiples, de Téhéran à la frontière nord d’Israël.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
La capture du château de Beaufort est une victoire stratégique pour Netanyahu, renforçant l'emprise militaire au Liban. C'est un coup décisif contre le Hezbollah et un symbole de la détermination israélienne, perçu comme un retour historique après 44 ans.
Le drapeau israélien hissé sur le château de Beaufort accentue l'occupation du territoire libanais, en violation du cessez-le-feu et du droit international. L'action a poussé la France à demander une réunion d'urgence du Conseil de sécurité, sur fond de bombardements et de déplacements, dévoilant une expansion belliqueuse qui torpille tout effort diplomatique.
La prise de la forteresse croisée de Beaufort marque un tournant dramatique dans la campagne israélienne au Liban, ravivant la mémoire douloureuse de la guerre de 1982. Les analystes y voient un jalon symbolique et militaire qui risque de prolonger un conflit déjà précaire, le drapeau israélien flottant désormais sur un site libanais vénéré.
Les médias israéliens rapportent que la France a convoqué une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'opération de Beaufort, qualifiant la présence militaire prolongée de « grave erreur ». La couverture souligne la réaction internationale, signalant que l'enracinement israélien suscite une vive condamnation diplomatique, même si Tsahal consolide son emprise.
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