Israël enfonce le front libanais au-delà de la « Ligne jaune »
Mardi, l’armée israélienne a mené plus de 120 raids, tuant au moins 31 personnes, et étendu ses opérations terrestres au-delà de la ligne de démarcation auto-proclamée, en violation de la trêve du 16 avril.

La journée de mardi a infligé au Liban l’un des plus violents délits aériens depuis des semaines. Selon des sources de sécurité libanaises reprises par la presse asiatique, plus de 120 frappes ont visé le sud et l’est du pays, tuant au moins 31 personnes dont des enfants et trois femmes, et en blessant 40 autres. L’armée israélienne a annoncé dans la foulée que ses troupes opéraient désormais au-delà de la « Ligne jaune », cette ligne de défense avancée auto-proclamée qui court à une dizaine de kilomètres à l’intérieur du territoire libanais, où elles menaient jusqu’ici des démolitions à grande échelle malgré la trêve.
L’ordre d’intensifier les opérations est venu directement de Benyamin Nétanyahou. « Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, j’ai ordonné d’appuyer encore plus fort sur l’accélérateur », a-t-il martelé, tandis que son gouvernement approuvait l’extension de l’offensive terrestre, tout en excluant Beyrouth à la demande de Washington, rapportent les quotidiens italiens. Les médias israéliens de gauche, comme Haaretz, ont confirmé ces incursions au-delà de la ligne, que l’état-major justifie par la nécessité de neutraliser les drones du Hezbollah. Le parti chiite a exclu tout désarmement et affirmé avoir affronté des soldats israéliens entrés dans la localité de Zawtar al-Sharqiyeh.
Cette escalade survient alors que de délicates négociations américano-iraniennes tentent d’aboutir à un accord temporaire. Du Mexique au Ghana, la presse souligne qu’Israël « menace » ces pourparlers en frappant l’allié libanais de Téhéran et en éliminant mardi le nouveau chef militaire du Hamas à Gaza. La perspective européenne, notamment française, est doublement préoccupée : Paris, ancienne puissance mandataire, voit la stabilité du Liban se déliter davantage, tandis que l’Union européenne redoute un embrasement régional qui compromettrait les efforts diplomatiques.
Au-delà du bilan humain immédiat, l’extension des opérations israéliennes au-delà de la « Ligne jaune » enterre un peu plus le cessez-le-feu du 16 avril, déjà violé quotidiennement. En ordonnant l’évacuation de Nabatiyé, Tsahal montre que la campagne ne se limite plus à des cibles isolées mais vise à remodeler la présence humaine dans le sud du pays. La logique d’escalade contrôlée, que les chancelleries occidentales espéraient maintenir, semble céder le pas à une dynamique de confrontation plus large, où les lignes rouges diplomatiques s’effacent sous les bombes.
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