Irak : les milices pro-Iran bravent le projet de désarmement du gouvernement al-Zidi
Alors que le Premier ministre Ali al-Zidi veut monopoliser les armes, les Kataib Hezbollah rejettent tout compromis ; Moqtada al-Sadr dissout en parallèle sa milice, révélant les lignes de faille du camp chiite.

C’est un défi lancé aux ambitions affichées de l’État irakien : les Kataib Hezbollah, fer de lance des factions armées liées à Téhéran, ont annoncé leur disposition à racheter les armes que d’autres groupes pourraient céder, se posant ainsi en rempart contre le désarmement. Une première riposte ouverte au plan du Premier ministre Ali al-Zidi qui, depuis son entrée en fonction en mai, s’est engagé à confisquer le monopole de la force légitime, sous la pression constante de Washington. Les États-Unis, qui classent cette milice comme terroriste, l’accusent d’avoir ciblé leurs intérêts en Irak et revendiquent des frappes en représailles.
Mais la scène irakienne est loin d’être monolithique. Dans un geste spectaculaire, Moqtada al-Sadr a, quant à lui, prononcé la dissolution des Saraya al-Salam, sa propre milice, et leur absorption pleine et entière au sein des forces étatiques. Cet appel à l’intégration totale, applaudi par les blocs sunnites et kurdes, fracture l’apparente unité du camp chiite et place les autres composantes du Hachd al-Chaabi devant un choix cornélien. Si certains groupes paraissent ouverts à des compromis, les éléments les plus radicaux campent sur une ligne de refus, qu’ils jugent non négociable sous la contrainte extérieure.
L’affrontement autour des armes se déroule sur un échiquier régional embrasé depuis l’offensive américano-israélienne contre l’Iran en février, et la guerre à Gaza. Les salves de drones et de missiles revendiquées par la « Résistance islamique en Irak » contre des bases américaines ont entraîné des représailles meurtrières. Depuis les chancelleries européennes, on observe avec inquiétude une possible balkanisation sécuritaire de l’Irak, qui déstabiliserait toute la région, avec des conséquences directes sur les flux migratoires et les marchés énergétiques.
Le calcul politique du gouvernement al-Zidi est périlleux. La rhétorique de fermeté se heurte à la réalité d’un État dont les forces peinent à s’imposer face à des milices solidement armées et ancrées dans le tissu social. L’histoire récente montre que l’intégration institutionnelle du Hachd, actée en 2016, n’a guère entamé l’autonomie opérationnelle de groupes comme les Kataib Hezbollah. Aujourd’hui, l’offre de ces derniers de jouer les arsenaux de substitution pourrait encourager d’autres factions à résister, rendant illusoire toute normalisation rapide.
À terme, la réussite ou l’échec du processus de désarmement dépendra moins des décrets de Bagdad que de l’issue du bras de fer entre Washington et Téhéran. Dans un Moyen-Orient convulsif, la tentation de transformer l’Irak en théâtre d’une guerre par procuration pourrait condamner les efforts de reconstruction étatique. Pour l’Europe comme pour les pays francophones du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest, guettés par les effets de contagion, l’enjeu est clair : un Irak livré à l’anarchie armée est un foyer d’instabilité aux ondes de choc imprévisibles.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Les Brigades du Hezbollah irakien ont ouvertement défié le plan de désarmement du gouvernement en proposant d'acheter des armes à d'autres factions, aggravant la crise politique. Ce geste de défi s'inscrit dans un contexte de bouleversements régionaux – de la guerre de Gaza au conflit américano-israélien contre l'Iran – et de pressions américaines croissantes sur Bagdad. L'article présente la position du groupe comme une complication prévisible plutôt qu'une menace déclarée.
Une analyse incisive met en doute la sincérité des milices irakiennes soutenues par l'Iran à désarmer, qualifiant Kataib Hezbollah de groupe terroriste ayant tué trois Américains en Jordanie en 2025 et mené de nombreuses attaques contre Israël. L'article avance que toute annonce de reddition d'armes n'est qu'un écran de fumée pour apaiser Washington, tandis que les capacités létales du groupe sont préservées. Il rappelle la frappe américaine de 2020 qui a tué son chef et prévient que ces forces demeurent un danger persistant.
Face aux exigences américaines croissantes, le Hezbollah irakien réaffirme avec défi son engagement au jihad armé, plaçant Bagdad dans une position délicate entre Washington et les factions liées à l'Iran. L'article met en avant la promesse fragile du gouvernement de placer les armes sous le contrôle de l'État, désormais sapée par le refus public du groupe. Il évoque aussi les accusations américaines d'attaques contre ses intérêts et les bombardements qui ont suivi sur les bases des milices.
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