Blocus naval américain en mer d’Oman : un cargo immobilisé dans une escalade contrôlée
Les États-Unis ont neutralisé un navire marchand battant pavillon gambien qui tentait d’atteindre un port iranien, ravivant les tensions autour du détroit d’Ormuz.

L’annonce, samedi 30 mai, par le commandement central américain (CENTCOM) de l’immobilisation d’un cargo gambien dans le golfe d’Oman illustre la détermination de Washington à maintenir un blocus naval strict contre l’Iran, malgré le cessez-le-feu fragile en vigueur. Le 29 mai, le vraquier M/V Lian Star, battant pavillon de la Gambie, a ignoré plus de vingt sommations des forces américaines alors qu’il faisait route vers un port iranien. Un aéronef a alors tiré un missile Hellfire dans la salle des machines, laissant le navire en dérive, sans que les troupes ne montent à bord. Le CENTCOM précise avoir ainsi désactivé cinq navires commerciaux et redirigé plus de cent seize autres depuis l’instauration du blocus en avril, en riposte à la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran, qui avait suivi l’escalade militaire.
Les lectures de cet incident divergent radicalement selon les capitales. Pour les sources américaines et leurs alliés, il s’agit d’une application légitime de mesures de coercition économique visant à empêcher Téhéran de financer ses programmes balistiques et nucléaires. En revanche, les médias iraniens dénoncent un « blocus illégal » contraire au droit maritime international, et brandissent la pleine maîtrise exercée par leurs forces armées sur le détroit d’Ormuz, comme l’a rappelé le quartier général Khatam-al Anbiya. Téhéran accuse Washington d’asphyxier son commerce et d’aggraver une crise humanitaire, tout en soulignant la hausse des prix du pétrole, du gaz et des denrées agricoles.
Dans la région, les monarchies du Golfe observent avec une nervosité teintée d’ambiguïté : si certaines soutiennent tacitement la pression sur l’Iran, d’autres redoutent une conflagration qui perturberait leurs propres exportations et leurs projets de diversification économique. Les pays africains, quant à eux, voient leurs pavillons de complaisance être instrumentalisés dans ce bras de fer, le drapeau gambien servant ici de paravent juridique pour des cargaisons à destination de l’Iran. En Europe, où la dépendance au pétrole du Golfe reste forte malgré la transition énergétique, l’inquiétude monte face au risque d’une nouvelle flambée des cours et d’une désorganisation des chaînes logistiques, déjà éprouvées par la guerre en Ukraine.
Sur le plan juridique, le blocus imposé en zones internationales interroge. Les États-Unis l’inscrivent dans le droit de légitime défense après les provocations iraniennes dans le détroit, mais de nombreux experts estiment qu’il contrevient à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, qui garantit la liberté de navigation. L’incident du Lian Star, après celui d’un pétrolier iranien désemparé le 6 mai, montre que l’administration américaine ne tolérera aucune brèche, même sous pavillon tiers. Moscou et Pékin, critiques de l’unilatéralisme américain, pourraient y trouver prétexte à renforcer leur présence navale dans la région. À terme, la persistance du statu quo – un cessez-le-feu sans levée du blocus – semble intenable : chaque interception augmente les chances d’un accident ou d’une escalade non désirée, qui pourrait enflammer l’une des voies maritimes les plus cruciales du globe.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Les États-Unis ont illégalement imposé un blocus des ports iraniens et attaqué un navire commercial qui tentait d'atteindre l'Iran, au mépris du droit international. Les forces armées iraniennes exercent un contrôle total sur le détroit d'Ormuz et rejettent toute ingérence étrangère. L'incident n'est qu'une nouvelle provocation américaine dans un contexte de trêve fragile.
Les forces américaines ont neutralisé un cargo battant pavillon gambien dans le golfe d'Oman après qu'il a ignoré à plusieurs reprises les avertissements alors qu'il tentait de violer le blocus contre l'Iran. Un avion américain a tiré un missile Hellfire dans la salle des machines, laissant le navire à la dérive. Cette opération porte à six le nombre de navires neutralisés depuis le début du blocus, et plus d'une centaine d'autres ont été détournés.
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