Ingérence électorale en Colombie : Petro accuse Trump de pactiser avec les cartels
À trois semaines du second tour, le président colombien sortant dénonce le soutien de Washington à un candidat d’extrême droite lié aux paramilitaires et aux narcotrafiquants.

La campagne présidentielle colombienne a pris une tournure de crise diplomatique. Le chef d’État sortant, Gustavo Petro, issu de la gauche, a accusé le président américain Donald Trump de s’être « allié » avec les « narcotrafiquants » et les « génocidaires » que Washington prétend combattre. Ces propos virulents, rapportés par la presse française et italienne, font suite à l’annonce mardi du soutien « total et complet » de Trump à Abelardo de la Espriella, candidat de la droite radicale arrivé en tête au premier tour. Avocat de 47 ans ayant bâti sa fortune en défendant des paramilitaires, des vedettes du football et des fraudeurs, de la Espriella a créé la surprise en devançant le sénateur de gauche Iván Cepeda, allié de Petro. Le duel se jouera le 21 juin, dans un climat électrique.
Les lectures de cet affrontement varient sensiblement selon les zones géopolitiques. Les médias italiens insistent sur l’ascension inattendue d’un personnage sulfureux, tandis que la presse française, à l’instar du Figaro, relève l’emploi par Petro du terme de « génocidaires » – une référence aux crimes des groupes armés que l’extrême droite est accusée de protéger. En Iran, le quotidien Hamshahri reprend une rhétorique ouvertement critique de Washington, titrant sur le soutien de Trump à un « escroc et trafiquant ». Ce prisme révèle combien l’ingérence américaine perçue dans le processus électoral colombien nourrit un récit anti-impérialiste bien au-delà de l’Amérique latine.
Cette passe d’armes s’inscrit dans un contexte historique lourd. Depuis le plan Colombie des années 2000, la puissance américaine a conditionné son aide à la lutte antidrogue, tout en soutenant des gouvernements conservateurs. L’élection de Petro en 2022 avait marqué une rupture, son programme de paix et de justice sociale bousculant l’alliance traditionnelle avec Washington. Aujourd’hui, l’alignement de Trump sur de la Espriella – admirateur déclaré de l’ancien président américain – évoque un retour à une diplomatie intrusive, à contre-courant des aspirations réformistes d’une partie de la société colombienne.
À trois semaines du scrutin, l’incertitude domine. Si de la Espriella lamine au second tour, le rapprochement avec les États-Unis pourrait s’accélérer, au risque d’exacerber les fractures internes. Une victoire de Cepeda, en revanche, prolongerait l’expérience progressiste et tendrait davantage les relations bilatérales. Pour l’Europe, partenaire discret mais attentif du processus de paix colombien, le résultat sera un test : privilégiera-t-elle la stabilité régionale ou la défense des droits humains, souvent mis à mal par les acteurs que Trump choisit de défendre ?
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Le président sortant colombien accuse ouvertement Trump de s'allier à l'extrême droite et à des personnalités compromises dans le narcotrafic. L'affaire est présentée comme une tension diplomatique inattendue qui assombrit le second tour de la présidentielle. Le ton est cru mais le récit garde une certaine retenue, se bornant à rapporter les accusations croisées.
Dans la région, l'attaque de Petro est amplifiée comme une dénonciation légitime de l'ingérence de Washington. Les États-Unis sont accusés de soutenir un candidat d'extrême droite lié aux paramilitaires et aux trafiquants, tout en professant la guerre contre la drogue. L'épisode est présenté comme une preuve supplémentaire du deux poids deux mesures américain en Amérique latine.
L'administration américaine est démasquée : en paroles elle combat le narcotrafic, dans les faits elle appuie des narco-paramilitaires et des escrocs pour imposer une marionnette en Colombie. Le président colombien démonte l'hypocrisie de Washington, qui cherche à perpétuer sa domination sur la région en s'alliant à des criminels. Une confirmation supplémentaire de la nature prédatrice de l'impérialisme américain.
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