Green cards : Washington durcit les règles, à l’exception des travailleurs qualifiés
Les États-Unis imposent désormais aux détenteurs de visas temporaires de quitter le territoire pour obtenir la résidence permanente, tout en épargnant les titulaires de visas H-1B. Une mesure qui divise.

L’administration Trump a durci la semaine dernière les conditions d’obtention de la carte verte pour les étrangers résidant aux États-Unis sous visas temporaires. Selon une note de l’USCIS, ces derniers devront désormais déposer leur demande de résidence permanente depuis leur pays d’origine, une exigence qui rompt avec des décennies de pratique administrative. Toutefois, une clarification publiée ce week-end par la même agence précise que les travailleurs hautement qualifiés titulaires d’un visa H-1B pourraient être exemptés de cette obligation, ce qui atténue l’impact pour une partie des immigrants économiques.
Dans les médias russes et latino-américains, cette annonce est perçue comme un tournant restrictif. Le quotidien argentin El Cronista souligne que l’administration républicaine applique une disposition de la loi migratoire jusqu’ici restée lettre morte, contraignant les migrants à quitter le territoire. Le journal russe Kommersant insiste sur l’obligation de repartir pour les étudiants, travailleurs temporaires ou touristes, rappelant que le système américain visait à ce qu’ils ne restent pas. Ces lectures reflètent les inquiétudes de régions dont les ressortissants sont nombreux à faire le voyage vers les États-Unis avec des visas précaires.
Pour un lectorat francophone, la mesure a des implications contrastées. D’un côté, les professionnels originaires d’Europe ou du Canada, souvent détenteurs de visas H-1B, pourraient bénéficier de l’exception. De l’autre, les candidats à l’immigration issus d’Afrique francophone, où les filières d’études ou de travail temporaire sont importantes, risquent de se heurter à un parcours semé d’embûches, incluant le retour au pays pour finaliser leur dossier – une procédure coûteuse et incertaine.
Cette dualité illustre la tension au cœur de la politique migratoire américaine : entre la volonté de réduire l’immigration légale et le besoin de main-d’œuvre qualifiée. En renouant avec une interprétation stricte de la loi, l’administration Trump tient une promesse de campagne, mais laisse entrevoir une hiérarchisation des migrants où les « cerveaux » sont privilégiés. Les observateurs européens y verront un écho aux débats sur l’immigration choisie qui traversent le Vieux Continent.
À l’avenir, cette nouvelle doctrine pourrait faire l’objet de recours devant les tribunaux, tant elle bouleverse les attentes des candidats. Pour les pays francophones d’Afrique, elle risque de tarir un flux migratoire légal vers les États-Unis, à moins que des accords bilatéraux ne viennent sécuriser les parcours. En attendant, le message envoyé est limpide : les portes de l’Amérique se ferment un peu plus pour les immigrants temporaires.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
The progressive Atlantic press portrays the new green card policy as a harsh blow to immigrant workers, emphasizing the confusion and anxiety it creates. It highlights the reversal of decades of practice, with critical tones toward the Trump administration. The focus is on immediate consequences for temporary visa holders and bureaucratic hurdles.
The Russian press reports the new green card rules factually, emphasizing the tightening of procedures. It mentions the requirement for temporary visa holders to leave the US to apply for residency. The tone is detached, focusing on bureaucratic measures without explicit judgment.
The progressive Latin American press denounces the new policy as an attack on migrants, highlighting the requirement to leave the US to apply for a green card. It emphasizes the change from past practice, with alarmed and accusatory tones toward the Trump administration. The focus is on the hardship and uncertainty for migrants.
Cette actualité est parue dans
5 sources · 5 langues · fenêtre 24 h