Fraude fiscale : des réseaux de fausses factures prospèrent de Moscou à Mexico
Des enquêtes simultanées en Russie, au Mexique et en Italie mettent au jour des systèmes sophistiqués de sociétés éphémères et de fausses factures, dont le préjudice se chiffre en milliards.

L’affaire mexicaine, révélée par les autorités fédérales, donne la mesure du phénomène : le réseau « El Caballito » aurait blanchi plus de 12 milliards de pesos par un vaste système de factures falsifiées. Opérant depuis au moins trois ans, cette organisation se livrait à l’évasion fiscale et au blanchiment de capitaux, un fléau que le parquet général a qualifié de « possiblement supérieur » aux estimations initiales. L’enquête, menée dans tout le pays, illustre la résilience de ces circuits parallèles, capables de dissimuler des sommes colossales sous des transactions fictives.
En Russie, c’est une plateforme spécialisée dans le « NDS papier » — une forme de fraude à la TVA par le biais de sociétés écrans — qui a été démantelée fin mars. Le préjudice pour le budget fédéral dépasse déjà le milliard de roubles, et pourrait s’alourdir. Les perquisitions, qui ont concerné une vingtaine de suspects de la région moscovite jusqu’en Sibérie, ont mis en cause des profils variés : un juriste, un comptable, et des centaines de « dropers », ces prête-noms utilisés pour leurrer le fisc. L’affaire, qui a nécessité plus d’un an d’investigation, souligne l’industrialisation de la fraude fiscale dans le pays.
En Italie, le tribunal d’Urbino a condamné trois ressortissants chinois pour un préjudice plus modeste — plus de 600 000 euros d’impôts éludés — mais tout aussi symbolique d’une pratique largement répandue : le système des entreprises « apri e chiudi », ces micro-structures changeant de propriétaire sur le papier sans jamais cesser leur activité réelle. Dans le secteur de la confection, ces petites sociétés de l’arrière-pays étaient passées d’une main à l’autre au gré des contrôles, illustrant la facilité avec laquelle les réseaux se jouent des registres commerciaux.
Ces trois affaires, pourtant éloignées géographiquement, révèlent un modus operandi commun : le recours à des entités juridiques fictives et à des factures de complaisance pour ponctionner les recettes publiques. Alors que les administrations fiscales renforcent leur coopération internationale, ces dossiers montrent que les circuits de fraude se sont professionnalisés, s’adaptant aux législations nationales tout en conservant une redoutable opacité. La lutte contre ces réseaux exigera désormais une coordination judiciaire et réglementaire bien plus étroite entre les États, sous peine de voir ces milliards continuer à s’évanouir dans les interstices de la mondialisation.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Les forces de l'ordre russes ont démantelé un vaste réseau de fraude à la TVA dite «papier», dont le préjudice pour le budget de l'État dépasse le milliard de roubles. L'enquête a ciblé une plateforme centrale facilitant des transactions fictives via des sociétés éphémères, impliquant plus d'une vingtaine de prévenus à travers le pays. L'affaire illustre la détermination des institutions à lutter contre l'évasion fiscale organisée.
Le réseau criminel «El Caballito» a escroqué le fisc mexicain de plus de 12 milliards de pesos en émettant des factures falsifiées et en blanchissant les profits. D'après le parquet général, l'organisation proposait des services de «conseil fiscal» à des entreprises légales, dissimulant un système d'évasion fiscale de grande envergure. Cette affaire suscite une vive inquiétude quant au blanchiment d'argent par des groupes criminels.
Un réseau d'entreprises éphémères dans l'arrière-pays d'Urbino a permis de soustraire plus de 600 000 euros d'impôts dans le secteur de l'habillement. Le tribunal a condamné trois ressortissants chinois pour un système où les sociétés changeaient de titulaire sur le papier tout en poursuivant leur activité, évitant ainsi le paiement des taxes. L'enquête de la police financière met en lumière une fraude fiscale classique par prête-noms et rotations de numéros de TVA.
Cette actualité est parue dans
5 sources · 1 langues · fenêtre 24 h