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jeudi 4 juin 2026 · Édition de 06:00 CET

Face aux géants du numérique, Canberra réinvente la taxation pour sauver le journalisme

L’Australie propose une taxe pouvant atteindre 2,25 % du chiffre d’affaires des plates-formes qui refusent de rémunérer les médias locaux. Meta dénonce une mesure « grossièrement injuste » et brandit la menace du blocage.

Droit5 sources3 langues2 min de lectureMàj 07:39

Le gouvernement australien a dévoilé un nouveau dispositif pour forcer les géants du numérique à financer le journalisme local, suscitant une levée de boucliers de Meta. Dans un billet publié jeudi, le groupe californien a qualifié le projet de « grossièrement injuste » et de « taxe discriminatoire », estimant que la loi était « mal conçue » et ne garantirait pas un secteur de l’information « diversifié et durable ». Cette initiative s’inscrit dans un bras de fer mondial entre les plates-formes et les éditeurs de presse, alors que les audiences se déportent massivement vers les réseaux sociaux.

Le plan travailliste, baptisé News Bargaining Incentive, prévoit d’imposer une taxe allant jusqu’à 2,25 % du chiffre d’affaires australien des plates-formes numériques qui ne concluraient pas d’accords de rémunération avec les médias du pays. Cette approche diffère du premier code de négociation adopté par Canberra en 2021, qui s’appuyait sur un mécanisme d’arbitrage obligatoire. Selon la presse australienne, l’exécutif entend ainsi combler les failles du dispositif précédent, que Meta a progressivement contourné en cessant de renouveler ses contrats avec les groupes de presse.

Au-delà du Pacifique, ce projet trouve un écho particulier au Canada, où une loi similaire – l’Online News Act – est entrée en vigueur en 2023. Face à cette législation, Meta a bloqué l’accès aux contenus d’actualité sur ses plates-formes, privant les citoyens canadiens d’un canal d’information essentiel. En Europe, la directive sur le droit d’auteur de 2019 a instauré un « droit voisin » au profit des éditeurs, mais sa mise en œuvre reste chaotique, comme l’illustrent les tensions récurrentes entre Google et la presse française. Ainsi, l’expérience australienne est scrutée bien au-delà de l’Océanie, tant elle pourrait inspirer d’autres États confrontés à la même asymétrie de pouvoir.

Reste à savoir si le Parlement australien adoptera ce texte avant la fin de l’année, comme promis par le gouvernement. Les menaces de Meta – qui évoque un possible retrait des informations – pèsent sur le débat, mais la détermination des élus semble forte, à l’heure où la viabilité économique des médias traditionnels devient une urgence démocratique. À l’échelle internationale, l’issue de ce bras de fer conditionnera la capacité des États à réguler les plates-formes sans provoquer de rupture dommageable du service.

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Le gouvernement australien veut contraindre les géants de la tech à rémunérer les médias pour les contenus d'actualité. Meta dénonce avec virulence une mesure «grossièrement injuste» et une taxe discriminatoire. L'affrontement illustre la bataille pour la survie des médias traditionnels face à l'opposition des plateformes numériques.

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Depuis l'Europe continentale, on suit avec distance le bras de fer australien : Canberra souhaite taxer les géants du numérique pour financer les médias, et Meta dénonce une injustice. L'affaire est perçue comme un nouvel épisode de la lutte mondiale entre régulation publique et liberté des plateformes.

Cette actualité est parue dans

5 sources · 3 langues · fenêtre 24 h

Le Figaro4 juin, 03:26
Australian Broadcasting Corporation (ABC)4 juin, 04:27
Dagens Industri4 juin, 05:27
National Post4 juin, 03:27
Australian Financial Review (AFR)3 juin, 21:24