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jeudi 4 juin 2026 · Édition de 06:00 CET

Amendolara : quatre ouvriers agricoles brûlés vifs, l’Italie face au spectre du caporalato

L’effroyable assassinat de quatre travailleurs immigrés en Calabre relance les enquêtes sur l’exploitation dans les campagnes et les rivalités criminelles, entre indignation politique et omertà.

Droit16 sources4 langues3 min de lectureMàj 07:40

La violence de l’exécution est insoutenable. Lundi, à Amendolara, dans la province de Cosenza, quatre ouvriers agricoles afghans et pakistanais, âgés de 19 à 29 ans, ont été enfermés dans un minivan et brûlés vifs par deux hommes qui les aspergeaient d’essence. Un cinquième homme, Mohammad Taj Alamyar, est parvenu à s’extraire en brisant une vitre avec la tête. Les victimes, Waseem Khan, Amin Fazal Khogjani, Ullah Ismat Qiemi et Safi Iayjad, toutes titulaires de permis de séjour réguliers, rentraient d’une journée de cueillette des fraises dans les exploitations de la plaine de Sibari. La scène, captée par les caméras de surveillance d’une station-service, a immédiatement glacé l’Italie.

Deux ressortissants pakistanais, Safeer Ahmed et Ali Raza, présentés comme des recruteurs de main-d’œuvre, ont été arrêtés dans les heures qui ont suivi. Le procureur de Castrovillari, Alessandro D’Alessio, évoque un épisode « d’une gravité inouïe » et privilégie plusieurs pistes : le caporalato, ce système d’intermédiaires qui organise le travail saisonnier dans les campagnes du Sud en prélevant une part des salaires, mais aussi un possible conflit entre bandes rivales pour le contrôle du recrutement dans le fertile couloir entre la Calabre et la Basilicate. Les enquêteurs n’excluent pas une punition infligée à des travailleurs qui auraient revendiqué de meilleures rémunérations.

La classe politique a réagi avec une rare unanimité. La présidente du Conseil, Giorgia Meloni, a dénoncé une « barbarie » et promis que « l’Italie ne recule pas face à la violence ». Elle a salué la rapidité des interpellations, permises par le visionnage des images de vidéosurveillance. Mais au-delà des communiqués, des voix s’élèvent pour pointer les responsabilités structurelles. Le secrétaire général de la CGIL, Maurizio Landini, rappelle que des fonds pour la prévention du caporalato n’ont jamais été dépensés. Dans la presse allemande, le quotidien Bild évoque une « mafia des fruits » et souligne la cruauté d’un mode opératoire qui rappelle les règlements de comptes entre groupes criminels.

Ce quadruple meurtre, survenu à la veille de la Fête de la République, met en lumière la réalité crue du travail agricole dans le Mezzogiorno. Il renvoie aux émeutes de Rosarno en 2010, lorsque des centaines de migrants s’étaient révoltés contre leurs conditions de vie. Depuis, les lois se sont durcies, mais l’exploitation persiste, favorisée par une chaîne de sous-traitance opaque et une demande de produits à bas coût. Les victimes d’Amendolara étaient « invisibles », comme des milliers d’autres qui transitent par la Sardaigne avant d’échouer dans ces campagnes. Leur mort brutale interroge l’Europe entière sur la protection des travailleurs détachés et la lutte contre le crime organisé dans les filières agroalimentaires.

Alors que l’enquête se poursuit, le gouvernement promet de « faire toute la lumière ». Mais l’indignation ne suffira pas. Derrière les quatre corps calcinés se dessine l’échec collectif d’un modèle agricole qui, du Bade-Wurtemberg à la Sicile, repose trop souvent sur la précarité et la peur.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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Stampa europea continentale · mediterraneaStampa atlantica / anglosfera · sicurezza
Stampa europea continentale/ mediterraneaindignazioneallarmeurgenza

Une tuerie d'une cruauté inouïe secoue l'Italie : quatre jeunes ouvriers agricoles, victimes du système de caporalato, sont brûlés vifs dans un fourgon en Calabre. Les institutions promettent toute la lumière sur ce crime, tandis que l'indignation monte face aux conditions d'esclavage tolérées dans les campagnes du Sud.

Stampa atlantica / anglosfera/ sicurezzadistaccopragmatismo

Quatre travailleurs immigrés ont été brûlés vifs en Italie. Selon les autorités, ils cueillaient des fruits dans le sud et étaient apparemment pris dans un réseau criminel de trafic de main-d'œuvre.

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MillenniuM3 juin, 19:17
Bild3 juin, 21:22
Affari Italiani3 juin, 19:17
La Stampa4 juin, 03:26
France 243 juin, 22:23
Open3 juin, 19:20
ANSA Politica3 juin, 19:18
Il Fatto Quotidiano3 juin, 21:22