Entre guerre en Iran et révolution de l’IA, la BCE au pied du mur
Fabio Panetta, gouverneur de la Banque d’Italie, alerte sur une inflation à plus de 6 % en zone euro et plaide pour un resserrement monétaire, tout en soulignant l’urgence d’adopter l’intelligence artificielle.

La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran depuis février dernier inflige à l’économie européenne un second choc énergétique, ravivant le spectre de l’inflation et de la stagflation. Lors de la présentation du rapport annuel de la Banque d’Italie, son gouverneur Fabio Panetta a dressé un tableau sombre : si le conflit se prolonge, la croissance de la zone euro pourrait perdre un point de pourcentage en 2026-2027, tandis que l’inflation atteindrait un pic supérieur à 6 %, bien au-delà de l’objectif de la BCE. Les consommateurs, déjà échaudés par la guerre en Ukraine, réagissent désormais plus vivement aux variations de prix, alimentant les anticipations inflationnistes et rendant la politique monétaire moins prévisible. Des médias iraniens comme Hamshahri Online relaient avec une amère ironie ces prévisions, y voyant la preuve que l’offensive contre Téhéran se retourne contre les économies occidentales.
Face à ce risque, M. Panetta, également membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a explicitement évoqué la nécessité d’un relèvement des taux directeurs, sans toutefois s’engager sur une trajectoire prédéterminée. Cette position, reprise par l’agence russe Interfax et le brésilien Valor Econômico, reflète un dilemme : il faut contrer les tensions inflationnistes persistantes sans étouffer une croissance déjà fragile. Le banquier central italien a par ailleurs mis en garde contre une restriction indiscriminée du crédit, appelant à recentrer les garanties publiques sur leur rôle d’appui aux entreprises réellement méritantes.
Au-delà de l’urgence conjoncturelle, le gouverneur a consacré une part notable de son intervention à la révolution de l’intelligence artificielle. Pour lui, le véritable gain économique ne réside pas dans l’invention des technologies mais dans leur adoption, rappelant le paradoxe de Solow selon lequel l’âge de l’informatique se voyait partout, sauf dans les statistiques de productivité. L’Italie, et plus largement l’Europe, peinent à intégrer l’IA, freinées par une fuite des cerveaux que M. Panetta juge inquiétante. Pourtant, l’histoire montre que les innovations créent plus d’emplois qu’elles n’en détruisent : plus de la moitié des postes aux États-Unis aujourd’hui n’existaient pas il y a quatre-vingts ans. Le défi est de gouverner cette transition pour qu’elle profite à tous et ne renforce pas la concentration du pouvoir technologique.
L’imbrication des crises – géopolitique, énergétique, technologique – impose une réponse européenne cohérente. Si la BCE doit naviguer à vue sur les taux, les États membres, sous l’impulsion de Rome et d’autres capitales, devront investir dans les compétences des jeunes et la souveraineté numérique. Faute de quoi, le Vieux Continent risque de rester spectateur d’un monde de plus en plus fracturé.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
La banque centrale italienne lance un cri d'alarme : la guerre du Golfe pourrait propulser l'inflation au-dessus des 6 % et freiner la croissance en zone euro. Le gouverneur Panetta appelle à une adoption rapide de l'intelligence artificielle, dénonce la fuite des cerveaux et incite les banques à la prudence.
La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran vide les poches des Européens, affirme la presse iranienne. L'étude de la BCE révèle que les consommateurs de la zone euro, déjà éprouvés par la crise ukrainienne, réagissent désormais plus vivement aux variations de prix.
Le gouverneur de la Banque d'Italie, Fabio Panetta, voit des arguments en faveur d'une hausse des taux de la BCE. Le conflit prolongé au Moyen-Orient, la remontée des anticipations d'inflation et les risques sur l'approvisionnement énergétique le justifient, a-t-il déclaré à Rome.
Fabio Panetta, membre du conseil de la BCE, reconnaît la nécessité d'une hausse des taux dans la zone euro en raison des prix énergétiques affectés par la guerre en Iran, mais souligne que les anticipations d'inflation restent ancrées. Il met en garde contre une trajectoire de resserrement préétablie.
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