Échec des pourparlers Iran-États-Unis : le spectre d'une guerre sans fin
Après 21 heures de négociations marathon à Islamabad, le vice-président Vance quitte le Pakistan sans accord. Téhéran dénonce des exigences excessives tandis que le dossier nucléaire et le détroit d'Ormuz restent des obstacles majeurs.

L'ambitieuse tentative de paix entre Washington et Téhéran s'est brisée à l'aube, après une séance marathon de vingt et une heures à Islamabad. Le vice-président américain J.D. Vance a annoncé l'absence d'accord, accusant l'Iran de ne pas avoir accepté les conditions américaines, notamment un « engagement affirmatif » à renoncer définitivement à l'arme nucléaire. Aussitôt, la délégation américaine a quitté le Pakistan, laissant derrière elle une « offre finale » restée lettre morte, comme l'ont rapporté les médias américains et confiés les journalistes présents sur place.
Le blocage repose sur un nœud de contentieux que ni les sherpas ni les chefs de délégation ne sont parvenus à desserrer. Selon la presse européenne, principalement allemande et espagnole, Washington exigeait des garanties vérifiables de long terme sur le nucléaire iranien, alors que Téhéran aurait réclamé le déblocage de fonds gelés et des compensations économiques. La question du détroit d'Ormuz, miné et fermé par l'Iran au début du conflit, est demeurée tout aussi insoluble : la partie iranienne, citée par les agences italiennes, a fait savoir qu'aucun changement n'interviendrait sans un « accord raisonnable ». Le vice-président américain a quant à lui résumé la position de son pays : « Nous ne compromettrons pas nos lignes rouges. »
Au-delà du face-à-face bilatéral, la fragilité du cessez-le-feu global assombrit encore le tableau. La presse américaine d'investigation a souligné le rôle de Benjamin Netanyahu, dont les frappes massives sur le Liban – menées en marge de la trêve – auraient délibérément visé à faire dérailler les discussions, conformément à une stratégie israélienne de longue date contre tout rapprochement américano-iranien. Le gouvernement israélien a justifié ces bombardements par une « escarmouche séparée », tandis que le Premier ministre pakistanais, médiateur de ces pourparlers historiques, avait insisté sur un cessez-le-feu incluant le Liban.
Du côté des diplomaties occidentales, l'échec a été accueilli avec une retenue teintée d'inquiétude. La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, a qualifié cette issue de « décevante » et pressé les parties de revenir à la table. En Europe, le quotidien Süddeutsche Zeitung a noté avec une pointe d'espoir que « la porte reste entrouverte ». L'Iran, tout en rejetant la responsabilité sur les « exigences excessives » de Washington, a déclaré que « la diplomatie ne finit jamais », selon des propos relayés par les médias italiens, laissant entendre que des contacts pourraient se poursuivre en coulisses.
L'échec des pourparlers d'Islamabad ouvre une période de grande incertitude. Si les menaces de Donald Trump de « réinitialiser » la civilisation iranienne planent encore, la perspective d'un nouveau round de négociations, bien que lointaine, n'est pas exclue. Cependant, sans percée sur le nucléaire et sans réouverture du détroit d'Ormuz, la guerre larvée qui embrase le Moyen-Orient risque de s'intensifier. Entre surenchère militaire et jeu diplomatique, le statu quo demeure le pire des scénarios.
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