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Échec des pourparlers américano-iraniens : le détroit d’Ormuz et le nucléaire en suspens

Après vingt et une heures de discussions à Islamabad, les délégations américaine et iranienne se quittent sans accord, laissant planer la menace d’une escalade régionale.

Géopolitique21 sources5 langues3 min de lectureMàj 10:30

L’espoir d’une désescalade en mer d’Oman s’est évanoui aux premières lueurs de l’aube, à Islamabad. Le vice-président américain J. D. Vance a quitté la capitale pakistanaise les mains vides, après avoir présenté ce que Washington qualifie d’« offre finale » à la délégation iranienne conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf. En dépit d’une première rencontre directe au plus haut niveau depuis la révolution de 1979, les deux puissances n’ont pu s’entendre sur les termes d’une trêve durable, laissant le conflit qui les oppose depuis six semaines dans une impasse dangereuse. Les visages fermés des négociateurs, à l’image de l’expression « aigre » prêtée au vice-président américain par la presse allemande, disent la profondeur du désaccord.

Le point de blocage central, martelé par M. Vance, porte sur la trajectoire nucléaire de Téhéran. Washington exige un engagement « vérifiable et durable » à ne jamais développer l’arme atomique – pas seulement pour deux ans, mais sur le long terme. Or, comme le rapporte El Mundo, les Américains n’ont pas perçu de « promesse fondamentale » de la part des Iraniens. Ces derniers, par la voix de leur négociateur et d’une source proche des Gardiens de la révolution citée par l’agence Fars, dénoncent des « exigences excessives » et un déséquilibre dans les contreparties. Outre les garanties nucléaires, le sort du détroit d’Ormuz – verrou stratégique par où transite une part majeure du pétrole mondial – est resté en suspens : selon les informations relayées par la presse italienne, l’Iran conditionne sa réouverture à un « accord raisonnable » et au déblocage de fonds gelés à l’étranger, point absent de la proposition américaine.

Cette confrontation ravive les craintes des chancelleries européennes, qui redoutent un embrasement aux conséquences économiques mondiales. La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, a exhorté les parties à « reprendre rapidement les négociations », soulignant que toute escalade « imposerait un coût humain encore plus lourd et affecterait davantage l’économie mondiale ». Les médias transalpins et espagnols, de La Repubblica à El País, évoquent l’hypothèse d’une médiation européenne auprès des pasdarans pour faciliter un compromis, tandis que le Pakistan, hôte de ces pourparlers, appelle au maintien du cessez-le-feu. Tous pointent une même réalité : sans percée diplomatique, la réouverture du détroit d’Ormuz reste illusoire et la pression militaire, entre les deux navires de guerre américains croisant dans les parages et les menaces de « réponse ferme » de Téhéran, s’accroît.

La porte n’est pourtant pas tout à fait refermée. Comme le souligne la Süddeutsche Zeitung, « la porte reste entrouverte ». Le négociateur iranien a admis n’avoir « pas gagné confiance » en la délégation américaine, mais les contacts ne sont pas rompus – Téhéran répète que « la diplomatie ne finit jamais ». Le président Trump, quant à lui, a déclaré que l’issue des discussions lui importait peu, tout en brandissant la menace d’« attaques plus dures » en cas d’échec. L’équilibre est fragile, suspendu à la possibilité d’un second round que les capitales occidentales appellent de leurs vœux, conscientes qu’un échec prolongé transformerait cette première rencontre historique en une occasion manquée aux retombées imprévisibles.

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