Échec des pourparlers d’Islamabad : le nucléaire iranien et le détroit d’Ormuz cristallisent l’impasse
Premières discussions directes de haut niveau depuis 1979, les négociations marathon entre Washington et Téhéran achoppent sur les garanties nucléaires et la réouverture du détroit stratégique.

Les premières discussions directes de haut niveau entre les États-Unis et l’Iran depuis la révolution de 1979 se sont soldées par un échec dimanche, après vingt-et-une heures de tractations à Islamabad. Le vice-président américain J. D. Vance, qui conduisait la délégation, a quitté le Pakistan en déclarant que Téhéran « a choisi de ne pas accepter nos conditions », tandis qu’en miroir, la partie iranienne imputait la rupture aux « exigences excessives » de Washington. Cet épilogue sans accord, loin d’être une surprise pour les chancelleries européennes, met en lumière la fragilité du cessez-le-feu accepté quelques jours plus tôt et la profondeur des divergences stratégiques.
Au cœur du blocage, le vice-président américain a pointé l’absence d’engagement « affirmatif et durable » de l’Iran à ne pas chercher à se doter de l’arme nucléaire. Selon les médias espagnols et italiens, la proposition qualifiée d’« offre finale » par les États-Unis exigeait aussi la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz, par où transite une part cruciale du pétrole mondial. Téhéran, de son côté, conditionnait toute concession au déblocage des fonds gelés à l’étranger et à des garanties de sécurité face aux frappes israéliennes au Liban, lesquelles se sont intensifiées en dépit de la trêve. L’Australienne Penny Wong a pressé les parties de revenir à la table, un appel relayé par plusieurs capitales européennes inquiètes des répercussions économiques d’un conflit prolongé.
La presse conservatrice américaine a salué la fermeté de Vance, quand des médias progressistes ont souligné le rôle de Benjamin Netanyahou, présenté comme un « saboteur permanent » des tentatives diplomatiques avec Téhéran. Les bombardements israéliens sur le Liban, qui ont fait des centaines de morts, ont effectivement miné la confiance iranienne dans un cessez-le-feu déjà précaire. Les sources proches des Gardiens de la révolution ont affirmé que la situation dans le détroit d’Ormuz « ne changera pas » sans accord global, alors même que le Pentagone confirmait le passage de destroyers américains pour des opérations de déminage — un signal que la fenêtre diplomatique pourrait se refermer rapidement.
L’échec d’Islamabad illustre ainsi le hiatus entre une Amérique qui exige un renoncement nucléaire vérifiable et un Iran qui lie toute avancée à un rééquilibrage économique et sécuritaire régional. Si les deux camps assurent que la diplomatie n’est pas morte, l’absence de nouvelle rencontre programmée et le maintien des postures de force laissent planer le spectre d’une escalade.
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