Cancer : nouvelles molécules et prévention, les pistes mondiales d’un combat multifront
L’oncologue Silvio Garattini insiste sur le poids du mode de vie, tandis que des études russe et internationale redonnent espoir avec un vermifuge revisité et des coupe-faim protecteurs, sur fond de progrès italiens.

Depuis l’Argentine jusqu’à la Russie, en passant par l’Italie et l’Iran, un même front se dessine contre le cancer, mêlant le rappel à la responsabilité individuelle et les percées de la pharmacologie. Interrogé par un média de Buenos Aires, l’oncologue italien Silvio Garattini, fondateur de l’Institut Mario Negri et toujours actif à 97 ans, assène un chiffre qui interpelle : « Le 40 % des cancers sont dus à notre mode de vie actuel ». Tabac, alcool, obésité, sédentarité et mauvaise alimentation forment, selon lui, une toile de fond évitable que le marché brouille par une confusion informationnelle constante [A1].
En Italie, un colloque organisé lors de la Semaine de la santé de Milan a rappelé que la bataille se gagne aussi par le diagnostic précoce et l’innovation thérapeutique : la survie à cinq ans pour le cancer du sein y atteint désormais environ 86 %, l’un des taux les plus élevés d’Europe. Toutefois, une femme sur cinq voit la maladie réapparaître dans les dix ans suivant le diagnostic, ce qui exige une gestion continue et une implication active des patientes au sein de l’équipe de soins [A2].
À l’Est, les laboratoires explorent des voies inattendues. Une synthèse russe de vingt-deux études, publiée dans le British Journal of Clinical Pharmacology, montre que le mébendazole, un vermifuge courant, ralentit la croissance de plusieurs tumeurs cérébrales – glioblastome, médulloblastome, gliome diffus de la ligne médiane – et double le taux de survie chez la souris. Le médicament désorganise la charpente cellulaire, bloque la formation de vaisseaux sanguins et, associé à la radiothérapie, a permis dans certains cas d’éliminer complètement les tumeurs sur le long terme [A4].
Une autre classe de molécules suscite un espoir parallèle. Des recherches présentées lors du plus grand congrès mondial de cancérologie, relayées depuis Téhéran, indiquent que les agonistes du GLP-1, les fameux médicaments contre l’obésité, réduisent de 30 % le risque de cancer du sein. Dans le même esprit, une seconde étude montre que l’ajout de ces traitements au parcours de soins renforce leur potentiel préventif et thérapeutique [A6].
C’est donc un maillage inédit qui se tisse entre la discipline comportementale prônée par Garattini, les acquis des politiques de dépistage transalpines, la réinvention de molécules anciennes par la science russe et l’essor des coupe-faim protecteurs. Dans un monde où les systèmes de santé peinent à harmoniser prévention et traitement, ce kaléidoscope d’approches rappelle que le cancer se combat autant dans l’assiette et l’exercice que dans les éprouvettes. Reste à traduire ces signaux fragmentés en une stratégie véritablement globale, capable d’atténuer les disparités Nord-Sud et de donner corps à cette promesse : faire de la survie une guérison durable.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Quarante pour cent des cancers sont liés au mode de vie actuel, affirme l'oncologue Silvio Garattini. La prévention par des gestes simples (alimentation, activité physique, arrêt du tabac et de l'alcool) est présentée comme la priorité absolue. L'article sonne l'alarme : il faut agir vite par des habitudes saines.
Grâce au diagnostic précoce et aux progrès thérapeutiques, le taux de survie à cinq ans pour le cancer du sein en Italie atteint 86 %, parmi les meilleurs d'Europe. L'événement soutenu par Novartis a mis en avant une équipe gagnante unissant recherche, innovation pharmaceutique et patientes actrices de leur parcours. Le récit célèbre l'avancée continue qui transforme la science en guérison.
Un antiparasitaire courant, le mébendazole, ralentit la croissance des tumeurs cérébrales et double la survie chez la souris, selon une analyse de 22 études. Peu coûteux et déjà sur le marché, ce médicament pourrait enrichir l'arsenal thérapeutique anticancéreux. L'article insiste sur l'urgence de mener des essais cliniques humains.
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