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vendredi 5 juin 2026 · Édition de 20:00 CET

Bolivie : Washington et le Bouclier des Amériques s’engagent aux côtés du président contesté

Trente-six jours de blocages, arrestations d’opposants et pénuries alimentaires alimentent une crise qui polarise le continent, entre soutien militaire étasunien et principe d’autodétermination.

Géopolitique10 sources3 langues3 min de lectureMàj 04:41

La scène politique bolivienne est entrée dans une phase de crispation internationale. Alors que les blocages routiers et les manifestations contre le président Rodrigo Paz ont franchi le cap des cinq semaines, le soutien de Washington et de la coalition militaire du Bouclier des Amériques s’est affiché sans ambiguïté. Dans une déclaration conjointe, douze pays, emmenés par les États-Unis, l’Argentine et le Salvador, ont dénoncé les « manœuvres continuelles » visant à « renverser le gouvernement légitimement élu » de M. Paz. Le secrétaire d’État Marco Rubio a téléphoné au président bolivien pour lui réitérer l’assistance d’urgence, tandis que le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a balayé les rumeurs de coup d’État. Les autorités de La Paz, elles, ont procédé à l’arrestation de plusieurs figures de la contestation, dont l’ex-sénatrice de gauche Simone Quispe, accusées de « terrorisme » et d’« incitation publique à délinquer ».

Cette alliance objective entre l’hémisphère nord et des gouvernements sud-américains conservateurs révèle un clivage régional. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a opposé le principe d’autodétermination des peuples, rappelant que « chaque peuple doit décider qui le gouverne ». La Bolivie de Rodrigo Paz, issu de la démocratie chrétienne et soutenue par les secteurs de centre-droit, est ainsi devenue un laboratoire de l’influence états-unienne après les années de l’Administration Trump et la mise en place du Bouclier des Amériques, coalition anti-narcotique accusée par ses détracteurs de servir des desseins politiques. Les médias boliviens et argentins notent l’absence de preuves tangibles liant les protestataires au narcotrafic, pourtant avancée par le communiqué des douze membres.

Sur le terrain, la crise humanitaire s’aggrave. Les barrages ont paralysé l’approvisionnement en aliments, carburants et médicaments de La Paz et El Alto, nourrissant des discours à connotation raciste dans les centres urbains. Des ministres démissionnaires ont cédé la place à une nouvelle équipe, dirigée par le ministre de la Défense Ernesto Justiniano, qui a supervisé cette semaine le dégagement d’une voie cruciale. Le Sénat a approuvé un projet de loi encadrant les états d’exception, ouvrant la voie à un éventuel état de siège, alors que les organisations sociales qualifient les détentions d’« enlèvements ».

Les prochains jours seront déterminants. Si la Chambre des députés vote ce texte, le gouvernement pourra recourir à la force armée pour réprimer des protestations dont les racines plongent dans une récession profonde et le sentiment d’abandon des régions populaires. L’Amérique latine regarde avec inquiétude : un recours disproportionné au soutien militaire américain pourrait décrédibiliser plus encore l’exécutif de La Paz, tandis qu’une prolongation du chaos risquerait de faire le jeu des factions radicales. Dans les deux cas, la Bolivie restera une poudrière où se rejouent les fractures de l’après-Evo Morales.

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En Bolivie, plus d’un mois de manifestations sociales demandant la démission du président Rodrigo Paz a conduit à l’arrestation de dirigeants des protestations, qualifiées de 'séquestrations' par les organisations de base, et à l’adoption d’une loi sur l’état d’exception avec le soutien militaire américain. La presse latino-américaine met l’accent sur la répression et l’ingérence américaine, tout en portant la voix du principe d’autodétermination.

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Le Bouclier des Amériques, impulsé par l’administration Trump, apporte un soutien éclatant au président bolivien Rodrigo Paz face à l’assaut des forces radicales proches d’Evo Morales. La coalition condamne les tentatives répétées de renverser un gouvernement légitimement élu, présentant la crise comme un affrontement entre stabilité démocratique et radicalisme déstabilisateur.

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Les États-Unis et le Bouclier des Amériques ont publié une déclaration condamnant les tentatives répétées de renverser le gouvernement démocratiquement élu de la Bolivie, stigmatisant les blocages cyniques de denrées alimentaires et de médicaments. Ils présentent le président Rodrigo Paz comme un rempart de l’ordre démocratique face à des forces qui veulent faire reculer le pays.

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