Visas américains : le football iranien autorisé sous haute surveillance
Washington accorde les visas aux joueurs mais refuse ceux de nombreux cadres, illustrant les tensions persistantes entre les deux pays à l’approche du Mondial 2026.

Le 5 juin 2026, un responsable de la Maison-Blanche a confirmé l’octroi des visas d’entrée aux États-Unis aux 26 joueurs de l’équipe nationale iranienne, à seulement dix jours de leur premier match de Coupe du monde contre la Nouvelle-Zélande à Los Angeles. L’ambassadeur américain en Turquie, Tom Barrack, a salué sur X le travail de son équipe à Ankara, où les passeports avaient été déposés en urgence. Cette annonce a mis fin à des semaines d’incertitude, mais l’affaire révèle les fractures géopolitiques qui traversent la compétition.
La délivrance des visas aux footballeurs ne doit pas masquer une exclusion sélective. Selon des sources proches de la Fédération iranienne citées par le New York Times, au moins douze membres de l’encadrement – entraîneurs, analystes, médecins, et jusqu’au président Mehdi Taj – se sont vu refuser leur visa. La presse iranienne progouvernementale évoque un « choc » et des négociations de dernière minute avec la FIFA. Certains médias arabes et européens avancent le chiffre de quinze refus. Cette asymétrie rappelle que, pour Washington, la participation sportive ne lève pas les soupçons sécuritaires.
Le contexte est celui d’une guerre non déclarée entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Pour la première fois dans l’histoire de la Coupe du monde, un pays hôte reste en conflit ouvert avec une nation participante. D’après des analystes cités par Iran International, les deux parties instrumentalisent le tournoi : Téhéran a déplacé son camp de base de l’Arizona à Tijuana, au Mexique, pour minimiser la présence sur le sol américain, tandis qu’un haut responsable américain a averti que l’Iran ne serait pas autorisé à « exploiter le système pour introduire clandestinement des terroristes ».
Les réactions internationales oscillent entre soulagement et prudence. En Europe, le soulagement prévaut, comme en témoigne la Frankfurter Allgemeine Zeitung qui salue la résolution d’un « casse-tête politique ». La presse latino-américaine insiste sur le rôle de la FIFA dans le déblocage de la situation. Les médias iraniens indépendants, eux, pointent du doigt une humiliation nationale : la quasi-totalité de l’équipe technique étant privée d’accès, c’est le symbole d’une défiance persistante.
L’épisode illustre la difficile conciliation entre diplomatie sportive et affrontements stratégiques. L’Iran disputera bien ses matchs, mais sous haute vigilance. À plus long terme, la Coupe du monde 2026 pourrait servir de laboratoire à une nouvelle forme de rapport de force, où le visa devient une arme politique. Reste à savoir si la compétition tiendra sa promesse de « rassembler le monde », comme le proclame la FIFA.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Les États-Unis ont accordé des visas aux joueurs iraniens quelques jours avant la Coupe du monde, tout en prévenant qu'ils ne laisseront pas le régime profiter de l'événement pour faire entrer des terroristes sur le territoire.
La fédération iranienne a dénoncé les retards de visa, révélant qu'au moins 15 membres du personnel technique se sont vu refuser l'entrée alors que les joueurs ont finalement été autorisés. Téhéran avait menacé de reconsidérer sa participation sans règlement rapide.
À quelques jours du Mondial, les médias latino-américains ont confirmé l'obtention des visas pour l'équipe iranienne, qui pourra ainsi participer aux États-Unis après avoir déplacé son camp d'entraînement à Tijuana, au Mexique.
Cette actualité est parue dans
30 sources · 12 langues · fenêtre 24 h