Bolivie : le président Paz annonce un tournant militaire face à la contestation
Confronté à des blocages routiers, des pénuries et une vague de démissions, le gouvernement bolivien envoie au Parlement une loi élargissant le rôle de l’armée, tandis que le narcotrafic est pointé du doigt.

L’étau se resserre autour du président bolivien Rodrigo Paz. Près d’un mois et demi après le début d’une contestation sociale qui paralyse le pays, le chef de l’État a officialisé mercredi l’envoi au Parlement d’un projet de loi visant à encadrer les états d’exception et à donner aux forces armées des compétences élargies pour lever les blocages routiers. Cette annonce, intervenue lors de la prestation de serment du nouveau ministre de la Défense, Ernesto Justiniano, succède à une semaine de défections au sommet de l’exécutif : après le ministre du Travail, ce sont ses homologues de la Défense et de l’Éducation qui ont jeté l’éponge, fragilisant un peu plus un gouvernement installé il y a à peine sept mois.
Les blocages, qui entravent la circulation sur des dizaines d’axes à travers le pays, ont déjà fait dix morts selon plusieurs décomptes, dont sept faute de soins médicaux. La capitale, La Paz, vit au ralenti, entre rues vides et files d’attente interminables pour des denrées de base comme le poulet, racontent les médias kényans. La presse brésilienne, qui suit de près l’évolution de la crise chez son voisin andin, rappelle que Paz a accédé au pouvoir avec une économie exsangue : récession de 1,58 % du PIB en 2025, inflation au plus haut depuis quarante ans, pénuries chroniques de carburants et de dollars. C’est sur ce terreau que la mobilisation a pris racine en mai, d’abord sous forme de grève, avant de se muer en un mouvement de désobéissance civile exigeant la démission du président.
Face à cette pression, Rodrigo Paz a choisi la fermeté et la dramatisation. Reprenant une rhétorique martiale, il a qualifié la situation de « bataille des batailles » et dénoncé l’implication de fonds issus du narcotrafic dans les mobilisations, accusant certaines régions productrices de coca de financer les actions contre la démocratie. Cet angle est repris aussi bien par les quotidiens argentins que par la presse colombienne, qui soulignent la difficulté pour un gouvernement centriste de tenir un discours de guerre intérieure sans raviver les fractures héritées des années Morales. Le président a toutefois tempéré son propos en appelant au dialogue national et en promettant d’élargir son gouvernement à de nouveaux acteurs sociaux.
La réponse législative proposée ne fait pas l’unanimité. D’après les informations parues en Russie, le projet de loi viserait à encadrer le recours à l’état d’exception, une mesure que l’exécutif avait déjà préparée en supprimant certaines restrictions légales à l’intervention militaire une semaine plus tôt. Les observateurs argentins y voient un pari risqué : en militarisant la gestion de la crise, le pouvoir pourrait braquer une partie de la population encore attachée à l’héritage pacifiste de la Constitution de 2009, et offrir un angle d’attaque à ses adversaires, au premier rang desquels l’ancien président Evo Morales, qualifié par Paz d’« homme malade du pouvoir ».
À court terme, la situation reste extrêmement volatile. Les blocages continuent de paralyser l’économie, les pénuries s’aggravent, et l’inconnue d’une possible déclaration d’état d’exception plane. La communauté internationale, préoccupée par l’instabilité chronique de la région andine, suit avec attention les développements, tandis qu’à La Paz, le citoyen lambda semble à bout de patience, comme en témoignent ces mots d’une mère de famille aux médias kényans : « Si j’étais lui, je ferais ma valise. »
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
La Bolivie est plongée dans le chaos : après un mois de blocages routiers, la crise sociale s’aggrave avec des démissions ministérielles, des pénuries et des accusations de liens entre narcotrafic et manifestations. Le président Paz cherche à renforcer le rôle de l’armée pour lever les barrages, dénonçant une « bataille des batailles » contre ceux qui entravent le changement.
Un président bolivien assiégé recourt à l’armée pour contenir les manifestations qui réclament son départ. Pendant que les gens patientent des heures pour un poulet, le ton laisse entendre que plier bagage serait la solution la plus sage.
Le président bolivien a nommé un nouveau ministre de la Défense après la démission du précédent, sur fond de protestations massives. L’information se borne à relater le fait, sans commentaire.
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