Au Pérou, l’élection présidentielle se joue à quelques milliers de voix et attend sa diaspora
Le candidat de gauche Roberto Sánchez devance Keiko Fujimori d’une infime marge. Les votes de l’étranger et les procès-verbaux contestés décideront du vainqueur.

Le Pérou retenait son souffle mardi 9 juin, suspendu à une différence de seulement quelques dizaines de milliers de bulletins après le second tour de la présidentielle. Avec plus de 95 % des procès-verbaux dépouillés, le progressiste Roberto Sánchez (Juntos por el Perú) pointait à 50,07 % des suffrages, contre 49,93 % pour la conservatrice Keiko Fujimori (Fuerza Popular), soit un écart d’environ 26 000 voix [A2][A10]. L’issue du scrutin, qui oppose l’héritier politique de l’ancien président Pedro Castillo à la fille de l’ex-dictateur Alberto Fujimori, dépend désormais de deux réservoirs de votes encore absents des totaux : les bulletins des plus d’un million d’électeurs de la diaspora, concentrés aux États-Unis et en Espagne, et les quelque 1 500 procès-verbaux mis en observation par les jurys électoraux [A5][A12].
La presse latino-américaine insiste sur la charge symbolique de ce duel. Dans les grands centres urbains du littoral, notamment à Lima, la droite fujimoriste a construit sa domination, tandis que Sánchez a puisé sa force dans les Andes rurales et les périphéries oubliées du pays [A3][A9]. Ce clivage territorial recouvre une fracture historique : le Pérou a connu huit présidents en une décennie, miné par une instabilité institutionnelle chronique que ni un camp ni l’autre n’a su enrayer [A5]. La figure de Sánchez, professeur et syndicaliste, incarne la promesse d’une refondation sociale ; Keiko Fujimori, candidate pour la quatrième fois, personnifie à la fois la nostalgie autoritaire et une certaine efficacité gestionnaire crainte par une partie de l’électorat.
Les médias brésiliens et italiens mettent en évidence la lenteur inhabituelle du dépouillement et l’inversion progressive du rapport de force. En début de soirée dimanche, Fujimori menait de près de 200 000 voix grâce aux zones urbaines dépouillées en premier ; l’arrivée des procès-verbaux des campagnes andines a fait basculer l’élection lundi après-midi en faveur de Sánchez, la marge fondant à un étiage de 19 à 23 000 suffrages [A7][A11]. Le quotidien économique Valor Econômico relève que le rythme ralenti du comptage reflète les difficultés d’acheminement des urnes en provenance des communautés quechuaphones de haute altitude et des lointaines circonscriptions amazoniennes [A11][A12]. Un journal italien souligne que les Péruviens de l’étranger, qui représentent 4,4 % du corps électoral, pourraient à eux seuls renverser la tendance [A13].
Une partie de la presse madrilène et argentine met en garde contre un possible retournement : la consultora Ipsos estime que Fujimori dispose de réserves dans les votes émis depuis Lima et parmi les actes contestés, ce qui pourrait réduire puis annuler la fine avance de Sánchez [A15]. La candidate a d’ailleurs tempéré ses déclarations, appelant à des « consensus » aux côtés de son rival, signe que l’incertitude nourrit déjà l’hypothèse d’un recomptage long et politiquement explosif [A4]. Les regards se tournent vers Miami, Madrid, mais aussi les hauts plateaux andins, où le vote paysan et diasporique incarne désormais un pouvoir d’arbitrage inédit dans un pays rompu aux crises électorales.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Le second tour présidentiel péruvien est très serré, le candidat de gauche Roberto Sánchez devançant d'une infime marge la conservatrice Keiko Fujimori. L'issue dépend désormais des bulletins de l'étranger et des procès-verbaux litigieux, ce qui entretient un climat d'urgence et de polarisation.
Le dépouillement au Pérou révèle une course extrêmement serrée, moins d'un point de pourcentage séparant les deux candidats après 95 % des bulletins comptés. Les analystes notent que les votes décisifs proviennent de l'étranger et des zones reculées, soulignant la lenteur et la fragilité du processus, alors que le pays attend un résultat qui pourrait être contesté.
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