Se connecter
Édition de 20:00 CETmercredi 10 juin 2026
287 sources · 16 langues0 briefings aujourd'hui
mardi 9 juin 2026 · Édition de 16:00 CET

La médiation américaine à l’arrêt, Moscou ferme la porte aux intermédiaires européens

Le Kremlin juge que l’UE n’est pas prête à jouer les médiateurs sans conditions préalables, tandis que les contacts avec les États-Unis restent en veille, laissant le processus de paix dans l’impasse.

Géopolitique7 sources4 langues3 min de lectureMàj 19:21

Le processus de médiation destiné à mettre fin au conflit ukrainien est officiellement « en pause », a déclaré mardi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, confirmant un gel des efforts diplomatiques que la presse russe et les médias internationaux décrivent comme un retour à la case départ. Si les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner maintiennent des contacts avec les deux parties, Washington n’exerce plus, pour l’heure, de rôle actif d’intermédiaire. Moscou n’a d’ailleurs pas été informé du contenu de l’entretien téléphonique que les émissaires ont eu avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qualifié de « positif » par ce dernier.

L’épisode met en lumière les réticences russes à l’égard d’une éventuelle implication européenne. Une source proche des structures de sécurité russes, citée par le quotidien Lenta, affirme que Moscou ne souhaite pas voir l’Allemagne figurer parmi les médiateurs de l’UE et envisagerait plutôt la France ou l’Italie. Peskov a, de son côté, balayé l’hypothèse d’une médiation européenne tant que celle-ci s’accompagnerait de conditions préalables, qualifiant cette approche d’« illogique » et d’« inacceptable ». Selon le porte-parole, les Européens « sont encore loin d’être prêts » et continuent de soutenir la poursuite des hostilités plutôt que d’œuvrer à une solution négociée.

Ce blocage trouve une explication contextuelle rarement soulignée dans les sources russes mais mise en avant par la chaîne satellitaire arabophone Sky News Arabia : la médiation américaine s’est essoufflée dès février, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé leur offensive contre l’Iran. La convergence des crises a relégué le dossier ukrainien au second plan dans l’agenda washingtonien. Pour autant, les canaux de communication restent opérationnels : un quotidien économique iranien rapporte que le Kremlin pourrait organiser en un temps record un appel entre Vladimir Poutine et Donald Trump si le besoin s’en faisait sentir. Aucune date n’est toutefois arrêtée pour une visite de Witkoff et Kushner à Moscou, même si Peskov assure qu’ils seront « les bienvenus à tout moment ».

Les presses iranienne et arabe insistent sur cette ambivalence d’un processus suspendu mais non rompu, où les canaux arrière ne demandent qu’à être réactivés. L’absence de transmission par Washington des détails de la conversation avec Zelensky est interprétée comme le signe que rien de substantiel n’en est sorti – si des « innovations » émergeaient, elles seraient rapidement partagées, note le quotidien Hamshahri. Cette prudence contraste avec la rigidité affichée côté européen, où la haute représentante Kaja Kallas avait déjà jugé prématurée toute reprise des pourparlers.

À l’horizon, le dégel semble tributaire de deux préalables : une trêve sur le terrain et l’acceptation par les Occidentaux de négocier sans imposer de feuille de route unilatérale. En écartant Berlin et en maintenant ses exigences, Moscou verrouille le jeu, tandis que la distraction américaine au Moyen-Orient offre une fenêtre d’expectative. La balle reste dans le camp de Washington, seul interlocuteur jugé crédible, mais absorbé par d’autres fronts.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Stampa russa e CSI · statoStampa iraniana e affini · regimeStampa del Golfo arabo · saudita
Stampa russa e CSI/ statoscetticismodistacco

La Russie a écarté l’Allemagne comme intermédiaire de l’UE, lui préférant des représentants français ou italiens. Le Kremlin subordonne toute négociation à un cessez-le-feu préalable et rejette toute condition préalable des médiateurs. Les contacts avec les émissaires américains se poursuivent, mais le processus de médiation est en pause et aucune date de visite n’a été fixée.

Stampa iraniana e affini/ regimescetticismoironia

Le porte‑parole du Kremlin a indiqué qu’un appel entre Poutine et Trump pourrait être organisé rapidement, mais il n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant. L’effort de médiation américain sur l’Ukraine s’est enlisé et Washington n’a pas encore informé Moscou du contenu de l’appel de ses émissaires avec Zelensky. Bien que les canaux restent ouverts, cette suspension souligne la fragilité des initiatives de paix extérieures.

Stampa del Golfo arabo/ sauditaallarmepragmatismo

Le Kremlin a exclu pour le moment un entretien programmé entre Poutine et Trump, tout en confirmant que les émissaires américains Witkoff et Kushner restent en contact avec Moscou et Kiev. Le processus de médiation sur l’Ukraine s’est arrêté en février, après que les États‑Unis et Israël ont lancé une offensive militaire contre l’Iran. Il en ressort que la guerre en Iran a détourné l’attention de Washington et gelé les précédents canaux diplomatiques.

Cette actualité est parue dans

7 sources · 4 langues · fenêtre 24 h

Lenta.ru9 juin, 14:31
Donya-e Eqtesad9 juin, 14:35
Vedomosti9 juin, 14:31
Sky News Arabia9 juin, 14:30
Hamshahri Online9 juin, 16:07
NDTV9 juin, 16:08
Kommersant9 juin, 14:31