Affaire Lyhanna : Darmanin refuse de démissionner et ordonne la révision de 70 000 plaintes
Face aux failles judiciaires révélées par le meurtre de la fillette, Gérald Darmanin écarte toute démission tandis que Bruno Retailleau propose une cour disciplinaire. Le débat s’étend à la castration chimique et à la responsabilité des magistrats.

Réuni lundi avec l’ensemble des procureurs généraux, le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, a demandé le réexamen de quelque 70 000 plaintes de mineurs, tout en écartant l’idée de démissionner [A1][A3]. S’il reconnaît des « défaillances » dans la chaîne pénale, le garde des Sceaux estime que celles-ci « ne tenaient pas à [s]es instructions » et rappelle que l’Inspection générale de la justice ainsi que le Parlement assureront les contrôles nécessaires [A3]. Cette séquence fait suite au meurtre de Lyhanna, 11 ans, dont le corps a été retrouvé dans une ferme désaffectée du Gers. Le principal suspect, Jérôme B., était pourtant visé par cinq plaintes pour agressions sexuelles, dont une pour viol d’une fillette de 10 ans en 2025, et n’avait jamais été entendu par les enquêteurs [A1][A7].
L’émotion a rapidement dépassé les frontières de l’Hexagone. En Espagne, le quotidien El Mundo a parlé de « tremblement de terre politique », soulignant les appels à la démission du ministre et les critiques directes contre la magistrature [A1]. En Suisse, Le Temps a relayé les marches blanches qui ont rassemblé 6 000 personnes à Fleurance et donné la parole à Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, pour qui cette affaire représente « l’injustice de trop » [A4][A7]. La presse helvétique insiste sur la colère citoyenne face à un drame jugé emblématique des dysfonctionnements de l’institution judiciaire, tandis que les oppositions françaises pointent la responsabilité de l’exécutif [A4].
Sur le front politique, le président des Républicains, Bruno Retailleau, a proposé la création d’une cour disciplinaire de la magistrature, une autorité indépendante chargée de sanctionner les manquements des juges, estimant que ceux-ci ne sauraient être « au-dessus des lois » [A6]. Gérald Darmanin, de son côté, réfléchirait à commander une étude comparée des sanctions disciplinaires aux différents corps professionnels, selon Le Figaro [A8]. En parallèle, le débat sur la castration chimique, relancé par Retailleau, divise les experts : si l’ancien ministre de l’Intérieur y voit un outil pour « traiter le mal à la racine », une enquête du Figaro tempère en parlant d’une « illusion » qui ne saurait se substituer à un suivi socio-judiciaire renforcé [A5]. Au-delà du cas français, ce drame réactive une interrogation européenne sur la responsabilité des magistrats et l’efficacité des dispositifs de prévention de la récidive, un défi que partagent plusieurs États de droit sur le continent.
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