2026 : l’ombre d’un Super El Niño plane sur l’économie et l’agriculture mondiales
Avec une probabilité dépassant les 80 %, un épisode El Niño d’intensité incertaine se profile. Entre sécheresses en Asie, pluies extrêmes en Amérique du Sud et craintes pour les récoltes, les conséquences s’annoncent planétaires.

La confirmation est tombée en ce début juin 2026 : l’agence européenne ECMWF indique que la température des eaux du Pacifique équatorial a franchi le seuil des 0,5 °C, signant l’installation d’un nouvel épisode El Niño [A9]. L’Organisation météorologique mondiale (OMM) évalue entre 80 et 90 % la probabilité que le phénomène se renforce au cours du second semestre, certains modèles allant jusqu’à évoquer un « Super El Niño » [A1, A6, A8]. Pourtant, nombre de chercheurs mettent en garde contre les étiquettes sensationnalistes. L’expression « Niño Godzilla », popularisée par un scientifique de la NASA, est récusée par les spécialistes qui préfèrent s’en tenir à des catégories techniques mesurables [A5]. L’incertitude demeure, mais les premiers signaux sont là.
En Amérique du Sud, les regards se tournent vers le ciel. L’Argentine, régulièrement ébranlée par des alternances de sécheresses et d’inondations, se prépare à des phénomènes extrêmes, selon la directrice argentine de l’OMM, Celeste Saulo [A1, A6]. À Salta, des pluies inhabituelles ont déjà surpris la population, mais le météorologue local Edgardo Escobar les attribue à un système dépressionnaire froid au large du Chili, rappelant que la région reste pour l’heure en phase neutre [A3]. Le Brésil voisin, lui, redoute une catastrophe. José Marengo, membre du GIEC et coordinateur au Cemaden, souligne que le réchauffement du Pacifique est indéniable et que des modèles prévoient un pic de 4 °C, ce qui pourrait faire de 2026 une année record en termes de température globale [A10]. La perspective de pluies diluviennes dans le sud du continent contraste avec la crainte d’une sécheresse en Amérique centrale, menaçant les productions agricoles [A8].
À l’autre bout de la planète, l’Inde anticipe une crise de développement. L’arrivée probable d’El Niño y superpose chaleur extrême, stress hydrique et perturbations de la mousson, mettant en péril une économie informelle déjà fragile [A4]. Les agences américaines (NOAA) chiffrent à 96 % la probabilité que l’épisode perdure jusqu’à l’hiver 2026-2027, ce qui pourrait provoquer des pertes de récoltes et une flambée des prix alimentaires dans tout le sous-continent [A4]. Le Bureau météorologique indien a lui-même intégré ce risque dans ses prévisions de long terme, redoutant un effet domino sur la sécurité alimentaire d’une région très peuplée [A4].
Au-delà des répercussions immédiates, le phénomène illustre la vulnérabilité croissante d’une planète déjà réchauffée par l’activité humaine. Comme le relève la presse italienne, même un El Niño d’intensité standard produira à l’avenir des impacts plus sévères, simplement parce que le climat de référence s’est déplacé [A7]. Le satellite Copernicus de l’Union européenne a par ailleurs détecté en mai une anomalie thermique de 5 °C dans l’Atlantique Nord et la Méditerranée, signe que l’ensemble du système océan-atmosphère est en surchauffe [A2, A8]. S’il est trop tôt pour affirmer avec certitude que 2026 connaîtra un Super El Niño, les tendances observées incitent à la prudence. Dans les mois à venir, la planète sera suspendue aux relevés du Pacifique central, tandis que les économies nationales aiguisent leurs plans de contingence.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
L’alerte au Super El Niño monte : les images satellite révèlent des anomalies thermiques jusqu’à 5 °C dans le Pacifique et l’Atlantique, et la probabilité que le phénomène s’installe dans les prochains mois atteint désormais 90 %. En Argentine, les avertissements se multiplient pour trois types d’événements extrêmes – vagues de chaleur, pluies diluviennes et tempêtes – qui menacent directement les habitants et l’agriculture.
El Niño n’est pas une simple anomalie météorologique, mais une crise du développement prête à frapper l’Inde. La résignation habituelle du pays face à la chaleur extrême et aux pluies capricieuses fait oublier un danger bien plus profond : le stress thermique, le manque d’eau, les pertes agricoles et l’inflation alimentaire mettront à nu la fragilité de l’économie informelle.
Derrière les titres sensationnalistes sur un ‘Niño Godzilla’, la réalité est plus mesurée : la probabilité d’un El Niño d’ici septembre est de 80 %, mais la plupart des modèles indiquent un événement d’intensité modérée. La véritable inquiétude ne porte pas sur cet épisode précis, mais sur la certitude que des phénomènes encore plus dévastateurs surviendront dans les prochaines décennies.
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