Washington brandit la menace de nouveaux tarifs contre soixante pays
L'administration Trump propose des droits additionnels jusqu'à 12,5 % pour cause de travail forcé, tout en ménageant ses alliés lors de négociations bilatérales.

Le Bureau du représentant américain au commerce (USTR) a proposé cette semaine l’imposition de droits de douane additionnels allant jusqu’à 12,5 % sur les produits en provenance de soixante économies, dont l’Inde, la Chine, le Japon, l’Union européenne et plusieurs pays africains comme le Nigeria. Cette mesure, issue d’une enquête au titre de la section 301 du Trade Act de 1974, reproche à ces États de ne pas lutter efficacement contre l’importation de biens produits par le travail forcé. Une consultation publique est prévue avant toute mise en œuvre, mais la menace a déjà provoqué des remous diplomatiques.
Face à cette annonce, l’Union européenne a rapidement protesté, rappelant l’existence de l’accord de Turnberry conclu l’an dernier, qui plafonne les droits américains sur la plupart des produits européens à 15 %. Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a semblé vouloir apaiser les inquiétudes en déclarant, en marge d’une réunion de l’OCDE à Paris, que « nous comprenons qu’un accord est un accord », laissant entendre que les dispositions bilatérales pourraient modérer l’application des nouvelles taxes. Un discours similaire a été tenu à l’égard du Japon, avec lequel Washington a également plafonné ses tarifs à 15 %, et dont la liste des produits visés pourrait être révisée.
Parallèlement, les négociations commerciales avec l’Inde se sont accélérées. Une délégation américaine conduite par le négociateur en chef Brendan Lynch a séjourné à Delhi cette semaine pour finaliser un accord intérimaire conclu en février. Le président Donald Trump a affiché son optimisme, se disant confiant qu’un accord serait trouvé « bientôt », tout en qualifiant le premier ministre Narendra Modi de « très bon ami ». Pourtant, selon plusieurs analystes cités par des médias asiatiques, la menace de tarifs supplémentaires de 12,5 % visant l’Inde pourrait servir de levier dans ces pourparlers, accentuant la pression sur New Delhi.
L’initiative américaine ne se limite pas aux grandes puissances commerciales : le Nigeria, par exemple, figure également sur la liste, avec un taux proposé de 12,5 %, ce qui pourrait affecter ses exportations vers le marché américain. Cette approche tous azimuts reflète une volonté de Washington de lier les préoccupations relatives aux droits humains aux négociations commerciales, quitte à créer un système à plusieurs vitesses où les alliés bénéficient de régimes dérogatoires.
Alors que la perspective d’une guerre commerciale multilatérale s’éloigne après les accords avec l’UE et le Japon, l’issue des tractations avec l’Inde reste incertaine. La rhétorique de Trump, mêlant compliments personnels et critiques sur les « tarifs énormes » imposés par le passé, illustre une diplomatie transactionnelle où chaque partenariat est renégocié. L’inclusion de pays comme le Nigeria rappelle que cette refonte des règles commerciales américaines pourrait remodeler les chaînes d’approvisionnement mondiales, bien au-delà des seuls grands blocs économiques.
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La nouvelle menace tarifaire américaine est perçue comme un moyen de pression pour contraindre l'Inde à un accord commercial plus large, plutôt qu'une réelle inquiétude pour le travail forcé. Les analystes estiment que Washington utilise la surtaxe de 12,5 pour cent comme monnaie d'échange pour obtenir des concessions commerciales de New Delhi.
Les États-Unis ont placé le Nigéria sur une liste de 60 économies ne respectant pas l'interdiction d'importer des biens issus du travail forcé, déclenchant un droit de douane supplémentaire de 12,5 pour cent. Avec les droits existants, les exportations nigérianes sont désormais taxées jusqu'à 27,5 pour cent, une mesure jugée punitive et économiquement dommageable en Afrique.
Le président Trump a qualifié le Premier ministre Modi de bon ami et affirmé qu'un accord commercial était proche. Il a reconnu que l'Inde avait profité auparavant, mais désormais les États-Unis gagnent beaucoup d'argent avec l'Inde. L'optimisme marque un tournant dans les relations commerciales.
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