Venezuela : le tournant libéral sous tutelle américaine
Ouverture du secteur électrique, autonomie énergétique imposée aux pétroliers et paiement du carburant au Trésor américain : sous Delcy Rodríguez, Caracas réforme en profondeur mais sous étroite surveillance.

L’Assemblée nationale vénézuélienne a approuvé mardi en première lecture l’ouverture du secteur électrique à l’investissement privé, rompant avec près de vingt ans de monopole étatique. Le texte, qui devra être confirmé lors d’un second vote, autorise la création d’entreprises mixtes et la fixation de tarifs reflétant les coûts réels du service – une rupture avec la loi de nationalisation de 2007. Cette réforme, présentée par la présidente par intérim Delcy Rodríguez, s’inscrit dans un train de mesures visant les hydrocarbures et les mines, destinées à attirer les capitaux étrangers après des années de déclin.
En parallèle, les entreprises pétrolières et gazières désireuses d’opérer au Venezuela se voient contraintes d’apporter leurs propres centrales électriques pour pallier les défaillances du réseau national, selon un projet de règlementation. Cette exigence d’autosuffisance énergétique vise à protéger les installations des coupures incessantes, tout en offrant un nouveau marché aux opérateurs privés. Dans le même esprit, les compagnies aériennes et maritimes sont désormais tenues de verser le paiement de leur carburant directement sur des comptes séquestres du Trésor américain, en vertu d’une circulaire de mai 2026. Un dispositif qui symbolise le rôle central de Washington dans la gestion économique du pays depuis la capture et l’extradition du président Nicolás Maduro en janvier dernier.
Portée aux nues par Donald Trump, qui salue « le travail formidable » de Delcy Rodríguez, cette ouverture accélérée suscite des lectures contrastées. Les analystes latino-américains y voient tantôt une modernisation indispensable après l’effondrement de l’appareil productif, tantôt une mise sous perfusion étrangère qui rappelle les privatisations des années 1990. Les observateurs européens s’inquiètent de la précipitation et de l’absence de garde-fous réglementaires, tandis que des parallèles sont établis avec les concessions imposées aux États fragiles en Afrique francophone. La hausse modeste de la production pétrolière, passée de 908 000 barils/jour fin 2025 à 1,03 million en avril, ne fait pas taire les critiques.
L’enjeu dépasse la simple relance économique : il s’agit de redéfinir la souveraineté d’un pays placé sous une forme de protectorat de fait. Les réformes en cours pourraient certes restaurer la confiance des investisseurs et soulager une population éprouvée par les pénuries, mais elles s’accompagnent d’un effacement de l’État au profit d’intérêts privés et étrangers. À l’heure où Caracas s’apprête à adopter définitivement la loi électrique, c’est tout le modèle post-chaviste qui se recompose dans l’urgence, sous l’étroite surveillance de la Maison Blanche.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Après presque vingt ans de monopole public, le Venezuela ouvre son secteur électrique aux investisseurs privés. Les textes autorisent des sociétés mixtes et des entreprises à participation étatique minoritaire à produire et distribuer de l'électricité, tandis que les compagnies pétrolières devront apporter leurs propres centrales pour contourner les coupures. Un virage pragmatique destiné à attirer des capitaux et à remettre en état un réseau défaillant.
L'arrestation du président Maduro a ouvert la voie à la liquidation du Venezuela. L'ouverture du réseau électrique au secteur privé et l'obligation pour les compagnies de verser le carburant directement au Trésor américain ne sont pas des réformes, mais un pillage déguisé en aide. Les promesses de prospérité ne servent qu'à masquer une violation de la souveraineté nationale.
Les compagnies aériennes opérant au Venezuela devront désormais payer leur kérosène sur des comptes du Trésor américain, et non plus à la société publique Pdvsa. Cette disposition, confirmée par des sources du secteur, s'inscrit dans le cadre de la supervision financière imposée par Washington depuis la capture de Maduro. Un traitement factuel qui évite tout commentaire politique.
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