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vendredi 12 juin 2026 · Édition de 20:00 CET

Tel-Aviv : la Pride de retour après deux ans, entre liesse et répression politique

Après deux ans d’interruption due aux conflits à Gaza et avec l’Iran, plus de 100 000 personnes ont défilé, mais des manifestants anti-Ben-Gvir ont été refoulés par la police.

Société5 sources3 langues2 min de lectureMàj 21:17

Le retour de la marche des fiertés à Tel-Aviv, vendredi, a rassemblé plus de 100 000 participants selon la municipalité, mettant fin à deux années d’annulation. La presse israélienne et un média latino-américain soulignent que l’offensive à Gaza et la guerre de 2025 avec l’Iran avaient conduit à la suspension de l’événement. Un reportage allemand décrit un dispositif de sécurité inédit : drones, hélicoptères, jetskis et plus d’un millier de policiers armés de fusils d’assaut escortant chaque char. « Nous ne laisserons pas la guerre gâcher notre Pride », résume un participant cité par Bild.

Pourtant, la fête s’est heurtée à une censure politique immédiate. Des médias israéliens rapportent que plusieurs manifestants arborant des t-shirts ou pancartes hostiles au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, figure de l’extrême droite, ont été interdits d’accès. Une vidéo montre une femme portant l’inscription « FCK BNGVR » sommée de quitter les lieux. « Vous avez le droit de dire ce que vous voulez, mais pas dans cette zone », lui lance un policier, selon le Jerusalem Post. L’incident illustre la tension entre la célébration d’une diversité affichée et le durcissement du contrôle de l’expression politique.

La dimension géopolitique n’a jamais été aussi prégnante. Le site spécialisé sur l’Iran Al-Monitor note que des chars colorés et la musique de Bad Bunny ont apporté une ambiance festive, mais que la guerre restait « en toile de fond ». Un participant confie : « J’ai 40 ans et j’attends la Pride depuis mon enfance. » Dans un Moyen-Orient où l’homosexualité est criminalisée, le défilé israélien fait figure d’exception, comme le relève le quotidien allemand Bild. Un média latino-américain rapporte qu’un carton à l’effigie du guide suprême iranien, maquillé et vêtu d’un bikini arc-en-ciel, a circulé dans le cortège – pied de nez direct à Téhéran, avec qui l’État hébreu est en conflit ouvert.

Cette édition 2025 de la Pride fonctionne ainsi comme un baromètre des fractures israéliennes. D’un côté, la résilience d’une société qui revendique sa liberté de mœurs face aux menaces régionales ; de l’autre, une police qui filtre les messages politiques au nom de l’ordre public, ciblant les critiques du gouvernement. La normalisation sécuritaire, justifiée par l’état d’exception, pourrait durablement redéfinir l’espace de la contestation, y compris dans les rassemblements les plus emblématiques de la démocratie israélienne.

Cette actualité est parue dans

5 sources · 3 langues · fenêtre 24 h

Bild12 juin, 19:22
Al-Monitor Iran Pulse12 juin, 19:23
Jerusalem Post12 juin, 18:24
Haaretz English12 juin, 12:46
Aristegui Noticias12 juin, 19:25