SpaceX en Bourse : une introduction record aux risques élevés pour les investisseurs européens
Le 12 juin, SpaceX pourrait réaliser la plus grande introduction en Bourse de l'histoire, mais les petits porteurs suédois en sont exclus tandis que les analystes allemands mettent en garde contre un achat à prix fort.

Le 12 juin prochain, SpaceX, l'entreprise de lancements spatiaux fondée par Elon Musk, devrait faire son entrée à la Bourse de New York, dans ce qui s'annonce comme la plus importante introduction en Bourse (IPO) de l'histoire. Selon des informations concordantes de la presse suédoise et allemande, la société serait valorisée à près de 2 000 milliards de dollars, et l'opération pourrait lever 75 milliards de dollars de capitaux frais. Un montant vertigineux qui suscite déjà un engouement mondial, mais aussi des interrogations sur l'accès des investisseurs particuliers à ce placement.
Du côté des petits porteurs suédois, la déception est palpable. Plusieurs quotidiens régionaux, dont Kristianstadsbladet et Sydsvenskan, rapportent que les plateformes de courtage locales, comme Avanza et Nordnet, ne permettront pas à leurs clients de souscrire directement à l'IPO. « Bien sûr, il sera possible d'acheter l'action une fois qu'elle sera cotée », tempère Elin Wiker, stratégiste chez Avanza, citée par ces journaux. Mais l'impossibilité de participer à l'offre initiale prive les épargnants suédois d'un éventuel gain rapide, un scénario que Carl-Henrik Söderberg, économiste chez Nordnet, juge probable : « Le pronostic est que l'action montera le premier jour de cotation. » Ce sentiment d'exclusion n'est pas propre à la Suède : dans l'ensemble de l'Union européenne, les régulateurs limitent souvent l'accès aux IPO américaines pour les particuliers, renforçant la fracture entre investisseurs institutionnels et grand public.
Outre-Rhin, la Frankfurter Allgemeine Zeitung adopte un ton plus prudent. Son éditorial met en garde les investisseurs séduits par les superlatifs de Musk : « Ceux qui achètent tôt lors des méga-IPO paient souvent le prix maximum. » Le quotidien cite les exemples d'Uber et Rivian, dont les actions ont dévissé après des débuts en fanfare. Surtout, l'analyse souligne que Musk conservera le contrôle intégral des droits de vote, même après l'introduction, ce qui réduit l'influence des actionnaires minoritaires. « Acheter une action SpaceX, c'est acheter une participation sans pouvoir décisionnel », résume l'article, invitant à la vigilance face à la première euphorie.
Au-delà des cas suédois et allemand, cette IPO pose une question plus large pour les investisseurs francophones, qu'ils soient en Europe, au Canada ou en Afrique. Les structures des marchés américains restent largement imperméables aux petits porteurs étrangers, et les valorisations astronomiques de SpaceX, adossées à des promesses de conquête spatiale et de Starlink, rappellent les bulles spéculatives du passé. Alors que la date du 12 juin approche, les regards se tournent vers la fixation du prix de souscription et les premières cotations. Si les paris sur un « rocket rally » sont tentants, les précédents historiques incitent à la prudence : les méga-IPO, aussi spectaculaires soient-elles, ne protègent pas toujours les investisseurs tardifs. Dans ce contexte, les conseils des analystes allemands résonnent au-delà des frontières : la raison doit primer sur l'enthousiasme.
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The SpaceX IPO is a historic event with a record valuation, but retail investors, especially from Sweden, have limited access to the initial offering. Experts advise caution as early buyers often pay peak prices, and the high valuation may not sustain.
SpaceX's mega-IPO raises concerns among financial experts about inflating the tech bubble. With an 'eye-watering' valuation, critics warn that such large listings could exacerbate market concentration and risk a correction.
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