SpaceX en Bourse : méga-IPO, ambitions orbitales et tentation du conglomérat
L’introduction en Bourse historique de SpaceX, la possible fusion avec Tesla et l’implication des investisseurs du Golfe redessinent les contours du capitalisme spatial mondial.

L’introduction en Bourse de SpaceX, prévue en juin sous le symbole SPCX, s’impose d’ores et déjà comme l’opération financière la plus monumentale de l’histoire, avec une levée de fonds pouvant atteindre 75 milliards de dollars et une valorisation flirtant avec les 2 000 milliards. Dépassant le record détenu par Saudi Aramco, cette méga-IPO interroge autant qu’elle fascine, tant par l’aura d’Elon Musk que par les ambitions technologiques qu’elle sous-tend.
Au-delà de la prouesse boursière, la perspective, évoquée par les premiers investisseurs comme Peter Diamandis, d’une fusion entre SpaceX et Tesla renforce les craintes d’une concentration inégalée du pouvoir économique. Avec des droits de vote privilégiés lui assurant 85 % du contrôle de SpaceX, le milliardaire pourrait verrouiller un conglomérat valorisé à plus de 3 000 milliards de dollars, un scénario que la presse germanophone qualifie de tentation du « tout-puissant » Musk.
Dans les cercles financiers latino-américains, la prudence domine : la question n’est pas tant la qualité intrinsèque de l’entreprise que le prix d’entrée pour les nouveaux actionnaires, déjà grevés par l’euphorie spéculative. Les médias chinois, eux, mettent l’accent sur la mutation stratégique de SpaceX, qui se présente désormais comme un fournisseur d’infrastructures d’intelligence artificielle via des centres de données orbitaux, visant un méta-marché évalué à 28 500 milliards de dollars.
L’intérêt pour cette opération dépasse les seuls cercles technologiques américains. Dans le Golfe, des investisseurs saoudiens comme le prince Al-Walid ben Talal, à travers Kingdom Holding, détiennent déjà une participation de 0,63 % valorisée à plus de 8 milliards de dollars, symbole d’une financiarisation croissante de la nouvelle course spatiale et de l’entrelacement stratégique entre pétromonarchies et capital californien.
Derrière les promesses d’un avenir interstellaire, les comptes de SpaceX rappellent les contradictions du capitalisme de plateforme. Malgré un chiffre d’affaires de 18,7 milliards de dollars en 2025, la société a essuyé une perte nette de près de 5 milliards, plombée par les investissements colossaux dans l’IA et l’acquisition de xAI. De quoi tempérer les projections les plus enthousiastes, alors que s’esquisse une géopolitique du spatial où les milliards privés et souverains redessinent les frontières de l’économie réelle et du pouvoir.
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