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mardi 9 juin 2026 · Édition de 06:00 CET

Sommet de Barcelone : la gauche mondiale entre promesses fiscales et clivage vénézuélien

Réunis à Barcelone, les dirigeants progressistes ont plaidé pour une taxation des grandes fortunes, mais l’absence de rencontre avec l’opposante vénézuélienne María Corina Machado a souligné leurs contradictions, tandis que Gustavo Petro met en garde contre une rébellion latino-américaine.

Géopolitique5 sources2 langues3 min de lectureMàj 08:13

Le sommet progressiste de Barcelone, censé démontrer la capacité des gauches à gouverner un monde en crises, s’est heurté à la question vénézuélienne dès son ouverture. Tandis que le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, recevait ses homologues brésilien et colombien, l’opposante María Corina Machado, en déplacement dans la capitale espagnole, s’est vue refuser un entretien à la Moncloa. La presse conservatrice espagnole souligne que le maire de Madrid, issu de la droite, lui a remis la Clé d’Or de la ville, creusant ainsi un fossé symbolique. Dans le même temps, Luiz Inácio Lula da Silva réaffirmait que « le Venezuela est la destinée des Vénézuéliens », une formule qui, pour les critiques de Caracas, revient à légitimer un pouvoir contesté.

L’agenda économique, cœur initial du rendez-vous, prétendait opposer aux poussées populistes des remèdes redistributifs. La presse de centre-gauche madrilène rapporte que les participants ont défendu un impôt sur les très grandes fortunes ainsi qu’un encadrement strict des services publics livrés au marché, le tout dans un contexte de polycrise où s’enchaînent pandémie, étranglement logistique, flambée énergétique et tensions au Moyen-Orient. Ces propositions visaient à arracher l’initiative face à des extrêmes qui exploitent le mécontentement, mais elles se trouvaient concurrencées par la charge diplomatique de l’événement.

Les médias mexicains, relayant des analyses du quotidien El País et de la Deutsche Welle, ont vu dans la présence de la présidente Claudia Sheinbaum un repositionnement stratégique de Mexico sur la scène multilatérale. La rencontre de Barcelone, selon la radio-télévision allemande, cherchait à coordonner des réponses sur la gouvernance internationale et les crises sociales. Pourtant, un éditorial venu de la presse catalane a émis un verdict sévère : la réunion de dirigeants « progressistes » sans inclure d’autres courants ne ferait qu’accentuer la brèche idéologique, nourrissant les extrêmes au lieu de produire des solutions partagées. Cette perspective, minoritaire dans l’écho médiatique, rappelle que le clivage gauche-droite structure aussi les critiques internes à l’Espagne.

L’intervention la plus abrupte est venue de Gustavo Petro. Dans un entretien à la presse espagnole, le président colombien sortant a prévenu qu’une « rébellion » surviendrait si les États-Unis ne modifiaient pas leur politique envers l’Amérique latine, tout en laissant planer l’ambiguïté sur son acceptation des résultats électoraux à venir : « Oui, mais pas la fraude », a-t-il déclaré. Ce langage, à la fois mobilisateur et équivoque, illustre les tensions internes d’un camp progressiste qui peine à concilier respect des règles démocratiques et dénonciation radicale de l’ordre hégémonique. À l’heure où le sommet se clôt, c’est moins une feuille de route commune qu’un éventail de contradictions qui se dessine, laissant ouverte la question de la crédibilité d’une alternative mondiale de gauche.

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El Sol de México
La Vanguardia
El País
La Repubblica
El Mundo