Répression à Herat : les talibans tirent sur des manifestantes opposées au hijab obligatoire
La dispersion violente d’un rassemblement à Herat, mardi, a fait au moins un mort et plusieurs blessés, alors que la police des mœurs multiplie les arrestations pour « tenue non conforme ».

Un face-à-face meurtrier a opposé, mardi 19 khordad, les forces de sécurité talibanes à une centaine de manifestantes dans la ville de Herat, dans l’ouest de l’Afghanistan. Selon des témoins cités par les agences de presse occidentales, la police a ouvert le feu pour disperser le rassemblement, faisant un mort, plusieurs blessés et des dizaines d’arrestations. Les autorités talibanes n’ont, pour l’heure, ni confirmé ni démenti ces bilans, se contentant d’évoquer une « perturbation de l’ordre public » sous prétexte d’opposition au port obligatoire du hijab. Un média persanophone basé à Prague a recueilli le témoignage d’un habitant présent au carrefour de Bahar, qui affirme avoir vu les talibans « ouvrir le feu sur les manifestants », avant de les poursuivre dans les ruelles adjacentes.
Ce déchaînement de violence fait suite à l’arrestation, par la police des mœurs, de plus d’une trentaine de femmes accusées d’enfreindre le code vestimentaire imposé par le régime. La presse israélienne a relayé les déclarations de la responsable par intérim de la mission de l’ONU en Afghanistan, Georgette Gagnon, qui a indiqué au Conseil de sécurité que parmi les détenues figurait une femme enceinte. La loi talibane sur la moralité, qui assimile le visage féminin à une partie intime (awrah), contraint les Afghanes à dissimuler intégralement leur corps, y compris le visage, sous un voile sans fente pour les yeux, remplacé par un grillage. Le ministère de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice a rejeté ces informations, dénonçant une « campagne de propagande ».
L’étau se resserre jusqu’à concerner les ressortissants étrangers. Un centre d’affaires russe à Kaboul a émis une mise en garde à l’attention des voyageuses russes, les avertissant que des arrestations pour tenue « non conforme » se multiplient. L’avertissement détaille les exigences : tissu épais, couleurs neutres, absence totale de fentes pour les yeux (seul un filet est toléré), chaussettes épaisses, et interdiction de parler à haute voix, y compris au téléphone, en présence d’hommes sans lien de parenté. Cet avis illustre la rigidification idéologique du régime, prêt à projeter sa lecture rigoriste de la charia jusque sur les visiteuses étrangères.
La répression de Herat s’inscrit dans une dynamique d’intensification de l’apartheid de genre, alors que les manifestations sont devenues rarissimes depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021. L’indignation internationale, si elle se manifeste à New York ou dans les chancelleries occidentales, se heurte à l’absence de leviers d’influence réels, tandis que Moscou, soucieux de maintenir des canaux diplomatiques et sécuritaires avec Kaboul, paraît osciller entre pragmatisme et protection consulaire. La banalisation de la violence contre les femmes qui osent défier le code vestimentaire pourrait, à terme, dissuader toute normalisation des relations avec le monde extérieur.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
La police de Hérat a dispersé une manifestation pour les droits des femmes après que la police des mœurs talibane a arrêté des femmes pour violations présumées du code vestimentaire obligatoire. Des témoins font état d'un mort, de plusieurs blessés et de dizaines d'arrestations, mais les autorités talibanes n'ont pas confirmé de victimes ni d'interpellations.
Les forces talibanes ont attaqué un rassemblement de défenseures des droits des femmes et d’opposantes au hijab à Hérat. Un témoin a déclaré à un radiodiffuseur financé par l’Europe qu’au moins une personne a été tuée, plusieurs blessées et des dizaines arrêtées, tandis que les autorités talibanes ont refusé de commenter.
Les talibans ont ouvert le feu sur des manifestants protestant contre l’arrestation de femmes pour violation du code vestimentaire imposé. Un haut responsable de l’ONU a indiqué au Conseil de sécurité qu’environ 30 femmes avaient été détenues par la police des mœurs, et les forces de sécurité ont utilisé la force meurtrière pour disperser la foule, faisant des victimes et des arrestations.
Les femmes russes voyageant en Afghanistan ont été averties du risque réel d’arrestation pour tenue jugée non conforme aux strictes règles vestimentaires islamiques locales. Un centre commercial russe a signalé de récentes détentions de femmes pour infraction au code vestimentaire et a diffusé des consignes détaillées : vêtements épais, non voyants, amples, couvrant intégralement le visage, les mains et les pieds, y compris un voile à maille sans ouverture pour les yeux.
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