Quand les drones ukrainiens s'invitent au «Davos russe»
En pleine ouverture du Forum économique de Saint-Pétersbourg, des frappes ukrainiennes sur un terminal pétrolier et une base navale soulignent l’escalade et l’enlisement des négociations.

Dans la matinée du mercredi 3 juin, alors que s’ouvrait le Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF), des drones ukrainiens ont visé un terminal pétrolier et la base navale de Kronstadt, projetant une colonne de fumée noire visible des participants. L’événement, vitrine annuelle de la résilience russe souvent comparée au forum de Davos, accueillait quelque 20 000 invités de 130 pays, dont le président Vladimir Poutine attendu pour un discours vendredi. Cette attaque, revendiquée par Kiev comme une « riposte juste » au bombardement massif russe de la veille qui a fait au moins 23 morts en Ukraine, marque une nouvelle escalade dans la guerre des infrastructures.
Depuis plusieurs mois, l’Ukraine intensifie ses frappes en profondeur sur le territoire russe, ciblant méthodiquement les infrastructures énergétiques pour tarir les revenus d’exportation de Moscou. « Nous pouvons désormais négocier sur un pied d’égalité », a déclaré le président Volodymyr Zelensky lors d’une conférence de presse à Kiev aux côtés du secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, évoquant la capacité de son pays à ajuster l’échelle de ces opérations. Une logique du « donnant-donnant » qui répond à la terreur infligée aux villes ukrainiennes.
Côté occidental, les mises en garde se multiplient. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a prévenu que le « risque d’escalade est réel, plus qu’il y a deux ans », tandis que la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a estimé que ces frappes semaient « la panique au Kremlin ». Moscou, de son côté, promet des « réponses systématiques » et impute à l’Ukraine la mort de trois civils dans une attaque nocturne sur Simferopol, en Crimée annexée. Pourtant, aucun canal de négociation crédible ne semble s’ouvrir, les deux camps s’enferrant dans une spirale de représailles.
En portant la guerre au cœur de la deuxième ville russe, au moment même où Poutine tentait d’afficher une normalité économique, l’Ukraine signe un coup symbolique lourd. C’est la deuxième fois en un mois que Kiev frappe une métropole russe à l’approche d’un événement majeur pour le Kremlin, après les attaques sur Moscou en mai. Alors que le front du Donbass reste figé, cette extension du conflit dans la profondeur du territoire russe souligne l’impasse stratégique et l’absence de perspective diplomatique, laissant craindre une aggravation de la violence.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Le président Zelensky affirme que les frappes en profondeur en Russie permettent à Kiev de négocier d'égal à égal et se dit prêt à rencontrer Poutine directement. Les attaques sont présentées non comme de simples représailles mais comme un outil pour imposer des négociations équilibrées.
L'Ukraine humilie Poutine en frappant Saint-Pétersbourg à l'ouverture de son forum économique, le 'Davos russe', dans une spirale de représailles qui alimente le risque d'un conflit sans fin. Ce geste est perçu comme une gifle symbolique brisant la vitrine de normalité du Kremlin, tout en soulevant la question de l'efficacité de cette stratégie pour sortir d'une guerre 'sans vainqueur'.
Le secrétaire d'État américain Rubio met en garde contre un risque 'réel' d'escalade en Ukraine, soulignant que la capacité croissante de Kiev à frapper en profondeur en Russie est l'un des éléments qui alimentent la dangereuse spirale du conflit.
Une attaque ukrainienne sur Simferopol en Crimée a fait trois morts et sept blessés, selon le gouverneur installé par Moscou. L'attention se porte exclusivement sur les victimes civiles dans la péninsule annexée, sans mentionner les raids concomitants sur Saint-Pétersbourg.
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