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vendredi 12 juin 2026 · Édition de 20:00 CET

Omar Artan, l’arbitre somalien refoulé par les États-Unis, honoré par l’UEFA

Écarté du Mondial 2026 malgré un visa valide, le meilleur arbitre africain officiera la Supercoupe d’Europe, symbole d’une solidarité continentale face au durcissement migratoire américain.

Sport6 sources3 langues3 min de lectureMàj 21:19

Dans un geste chargé de symboles, l’Union des associations européennes de football (UEFA) a confié l’arbitrage de la Supercoupe d’Europe, le 12 août prochain à Salzbourg, à l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, refoulé quelques jours plus tôt par les autorités américaines à son arrivée à Miami pour la Coupe du monde. L’annonce, unanimement saluée par la presse indonésienne et ghanéenne, fait suite à des discussions entre l’UEFA et la Confédération africaine de football (CAF) dans le cadre d’un accord de coopération récemment signé. « Le football a été créé pour relier les gens, et l’UEFA souhaite témoigner son respect à Omar ainsi que ses qualités de leadership exceptionnelles sur le terrain », a déclaré le président de l’UEFA, Aleksander Čeferin, selon un média indonésien. La rencontre mettra aux prises le Paris Saint-Germain et Aston Villa, un plateau européen auquel participe ainsi un arbitre africain de renom.

L’affaire Artan est devenue le révélateur des tensions migratoires qui entourent le Mondial 2026, co-organisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique. Désigné meilleur arbitre africain de l’année 2025 par la CAF et sélectionné par la FIFA pour la compétition, Omar Artan aurait dû être le premier Somalien à officier dans une Coupe du monde. Pourtant, malgré un passeport diplomatique et un visa simple entrée en règle, il a été interpellé puis détenu à l’aéroport international de Miami, rapportent les médias américains. D’autres officiels, membres de staffs et supporters de plusieurs pays auraient subi le même sort, même si les autorités américaines restent discrètes sur l’ampleur exacte des refus. Le magazine indien Frontline replace ces événements dans le contexte plus large d’un tournoi marqué dès son match d’ouverture entre le Mexique et l’Afrique du Sud par les « conditions » posées par l’administration Trump, notamment un durcissement des règles d’immigration.

Face aux critiques, la FIFA et Washington ont offert des justifications aux tonalités différentes. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, cité par la presse ghanéenne, a regretté un incident « malheureux » mais a rappelé que l’instance ne peut « pas dicter leur conduite aux gouvernements et aux forces de police ». Du côté américain, le secrétaire à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, s’est montré plus direct : « Nous ne laisserons pas entrer des personnes ayant un casier judiciaire ou des liens avec le crime », a-t-il déclaré, selon le quotidien russe Lenta, sans toutefois préciser les motifs exacts du refus opposé à Artan. Cette opacité nourrit les interrogations sur un éventuel profilage qui viendrait saper l’idéal d’universalité du sport.

Au-delà du cas individuel, l’épisode illustre une fracture géopolitique. Alors que l’Amérique de Donald Trump érige des barrières qui perturbent le déroulement normal d’une compétition mondiale, l’Europe du football, par la voix de l’UEFA, tend une main réparatrice au continent africain. Pour un lectorat francophone attentif aux relations entre l’Afrique et l’Europe, ce geste dépasse le symbole : il consacre la reconnaissance d’un talent issu d’une nation en crise, tout en posant la question de la place des pays du Sud dans les grands événements sportifs mondiaux. Reste à savoir si la solidarité européenne pourra infléchir, à l’avenir, les logiques de fermeture qui menacent l’esprit même du football comme vecteur de rapprochement entre les peuples.

Cette actualité est parue dans

6 sources · 3 langues · fenêtre 24 h

Lenta.ru12 juin, 10:43
Ghanaian Times12 juin, 10:44
Frontline12 juin, 17:23
CNN Indonesia12 juin, 10:44
Joy Online12 juin, 10:44
Newsweek12 juin, 19:26