Liban : sous couvert de cessez-le-feu, Israël redessine le Sud et consolide son emprise
Malgré la trêve, l'armée israélienne poursuit démolitions et opérations. La publication d'une carte de contrôle officialise une pénétration de 5 à 10 km, tandis qu'un bouclier de drones impose une surveillance constante.

Le cessez-le-feu conclu le 14 avril entre Israël et le Hezbollah, sous médiation américaine, n'a guère interrompu la dynamique israélienne au Sud-Liban. Dimanche, l'armée israélienne a publié pour la première fois une carte de sa nouvelle ligne de déploiement, officialisant le contrôle de dizaines de villages libanais désormais vidés de leurs habitants, sur une profondeur de 5 à 10 kilomètres le long de la frontière [A10][A4]. Le ministre de la Défense, Israël Katz, a ordonné d'agir « avec toute leur force, tant au sol que dans les airs, y compris pendant le cessez-le-feu », et de démolir toute structure ou route jugée menaçante [A7]. L'Agence France-Presse a constaté des destructions à Dibbine et Srifa, où des habitants revenus précipitamment contemplaient les décombres, certains hésitant encore à rentrer [A1].
Cette stratégie de la terre brûlée, justifiée par la nécessité de neutraliser les infrastructures du Hezbollah, s'inscrit dans un projet plus vaste. Les témoignages recueillis dans le sud du pays décrivent une occupation aérienne permanente : un bourdonnement incessant de drones israéliens qui surveillent chaque mouvement depuis les sept avant-postes illégaux établis côté libanais de la Ligne bleue [A8]. Selon un analyste israélien cité par Fox News, le Hezbollah aurait pratiqué une tactique de « bouclier humain », transformant les villages en pièges préparés de longue date, comme l'a montré l'embuscade du 18 avril qui a coûté la vie à un soldat français et à un réserviste israélien [A3]. En parallèle, la presse libanaise voit dans ces démolitions systématiques une réplique du modèle appliqué à Gaza, visant à rendre la zone inhabitable et à empêcher tout retour [A6][A9].
L'impuissance des Forces armées libanaises à riposter nourrit le débat sur la souveraineté. Pour des commentateurs critiques du narratif dominant, la racine du problème n'est pas tant l'armement du Hezbollah que l'incapacité historique de l'État libanais à protéger son territoire contre l'expansionnisme israélien [A2]. Tandis que les négociateurs libanais s'efforcent d'obtenir une prolongation de la trêve et que le président Joseph Aoun refuse une rencontre imposée par Donald Trump avec Benyamin Nétanyahou, les médiateurs américains envisagent un élargissement des pourparlers aux dossiers iranien et régional [A9][A10]. La carte publiée par l'armée israélienne, couplée à la destruction des capacités du Hezbollah, esquisse un Liban-Sud durablement reconfiguré, où la présence israélienne, qu'elle soit terrestre ou aérienne, semble destinée à se pérenniser bien au-delà de la simple création d'une zone tampon.
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