Les marchés asiatiques plongent, entre correction de l’IA et tensions géopolitiques
La chute des valeurs technologiques asiatiques vendredi fait suite aux résultats décevants de Broadcom et à l’impasse des pourparlers américano-iraniens, dans un climat de défiance mondiale.

Les places boursières asiatiques ont subi une lourde correction vendredi 5 juillet, emportées par la double tempête d’une brusque prise de bénéfices sur les valeurs liées à l’intelligence artificielle et d’un regain de tensions au Moyen-Orient. À Séoul, l’indice Kospi a dévissé de 5,54 %, plombé par les géants des semi-conducteurs Samsung Electronics et SK Hynix, qui ont perdu respectivement 6,40 % et 9,92 %. Le Nikkei de Tokyo a cédé 1,31 %, entraîné par des titres comme Tokyo Electron (-6,61 %), tandis que Hong Kong et Shanghai reculaient de plus de 1 %. Cette onde de choc trouve son origine dans la séance de jeudi à Wall Street, où le fabricant de puces Broadcom a vu son action plonger de plus de 12 %, décevant les investisseurs qui misaient sur une explosion de la demande pour ses processeurs d’IA.
La veille pourtant, les marchés américains avaient fait preuve d’une étonnante résilience. Le Dow Jones a atteint un nouveau sommet historique, et le S&P 500 a terminé en hausse de 0,41 %, les opérateurs profitant des replis pour acheter des secteurs défensifs ou liés à une économie robuste, et ignorant les prévisions décevantes de Broadcom. Seul le Nasdaq Composite s’est légèrement replié (-0,09 %), sous le poids du compartiment technologique. De leur côté, les places européennes progressaient jeudi, le Stoxx 600 gagnant du terrain avant de fléchir vendredi. Mais le contexte macroéconomique – hausse inattendue des inscriptions au chômage américain à 225 000 – commençait à semer le doute, et l’optimisme initial s’est estompé avec l’aggravation des tensions géopolitiques.
Le revirement de vendredi doit en effet beaucoup aux incertitudes persistantes au Proche-Orient. Les pourparlers de paix entre les États-Unis et l’Iran sont dans l’impasse, et le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a rejeté un nouveau cessez-le-feu proposé au Liban, tandis qu’Israël refusait de retirer ses troupes. Cette escalade a refroidi les espoirs d’un apaisement né de l’accord entre Israël et le Liban évoqué en début de semaine, et pèse sur le pétrole comme sur l’appétit pour le risque. Les marchés de l’énergie ont d’ailleurs effacé leurs gains, le baril repassant sous les seuils observés avant le conflit, accentuant la nervosité générale.
L’épisode illustre la fragilité des valorisations dans le secteur de l’IA, qui avait porté les indices mondiaux ces derniers mois. Du Nasdaq aux places asiatiques, les investisseurs procèdent à une « réalisation de profits », pour reprendre l’expression des analystes brésiliens de Valor Econômico, alors que les perspectives de croissance des semi-conducteurs sont réévaluées. Les marchés européens, bien que moins exposés, n’ont pas échappé au mouvement : l’indice Stoxx 600 a cédé 0,2 % vendredi, plombé par les valeurs technologiques. À l’avenir, les regards se tournent vers le rapport sur l’emploi américain, susceptible de conforter ou d’ébranler le scénario d’une économie résiliente – et vers les négociations au Moyen-Orient, dont l’issue déterminera la prime de risque à intégrer dans les semaines à venir.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
La couverture latino-américaine a souligné le repli des Bourses asiatiques et les prises de bénéfices dans l’IA, sur fond de blocage des pourparlers américano-iraniens. Elle a aussi relevé le fort rebond de Wall Street, flirtant avec des niveaux de 1985, les investisseurs misant sur un achat à bon compte malgré des perspectives décevantes de Broadcom.
Les médias d’affaires russes ont rapporté une clôture majoritairement positive de Wall Street, le Dow Jones inscrivant un nouveau record. La hausse des inscriptions hebdomadaires au chômage, au plus haut depuis début février, a été mentionnée comme un simple indicateur d’un léger ralentissement du marché du travail américain.
La presse financière du Golfe a présenté la baisse des marchés comme le double choc du blocage des pourparlers de paix USA-Iran et du ralentissement de l’engouement pour l’IA. La séance mitigée de jeudi, avec un Dow record mais un recul des technologiques, a cédé la place vendredi à des ventes généralisées, les investisseurs adoptant une posture défensive face au rejet du cessez-le-feu au Liban et au statu quo des négociations directes.
Cette actualité est parue dans
5 sources · 2 langues · fenêtre 24 h