Les Houthis imposent un blocus naval total à Israël en mer Rouge
Le mouvement yéménite, allié de Téhéran, a annoncé lundi l'interdiction de toute navigation israélienne dans cette voie stratégique, après des tirs de missiles sur la région de Tel-Aviv.

Le porte-parole des forces armées yéménites, le général Yahya Saree, a annoncé lundi une interdiction « totale et complète » de la navigation israélienne en mer Rouge, déclarant que tout navire lié à Israël serait désormais considéré comme une cible militaire. Cette déclaration, relayée de Téhéran à Alger en passant par Jakarta, faisait suite à un « barrage de missiles » visant, selon le groupe, des sites sensibles dans la région de Jaffa, sans que des victimes ne soient signalées côté israélien. Les rebelles houthis, qui contrôlent une large part du Yémen, ont inscrit cette opération dans le cadre du « front uni » contre les agressions israéliennes en Iran, au Liban et à Gaza.
L'annonce s'inscrit dans un cycle d'escalade régionale attisé par les frappes israéliennes en territoire iranien et la riposte de Téhéran. La presse iranienne et les médias du « Croissant chiite » ont mis l'accent sur la légitimité de la réponse houthie, tandis qu'en Israël, on s'inquiète d'une extension du conflit aux voies maritimes vitales. Les Gardiens de la révolution iraniens avaient eux-mêmes menacé de bloquer le détroit de Bab al-Mandab, verrou méridional de la mer Rouge, accentuant la pression sur le commerce mondial. Depuis Jakarta, l'agence Republika insistait sur le rôle du Yémen dans l'« axe de la résistance », tandis que le quotidien israélien Jerusalem Post rapportait l'attaque à la roquette sur le centre du pays, signe que les projectiles houthis peuvent désormais atteindre le cœur de l'État hébreu.
La fermeture de facto de la mer Rouge aux navires israéliens, si elle se concrétise, représenterait un choc pour les économies européennes, fortement dépendantes de cette route pour leurs échanges avec l'Asie. Le Figaro évoquait de « nouvelles perturbations sur cette voie maritime stratégique », tandis que les armateurs internationaux redoutent un retour des attaques asymétriques par drones et missiles antinavires, déjà expérimentées par les Houthis depuis le début du conflit à Gaza. L'absence de réaction militaire immédiate de la part des États-Unis, pourtant présents dans la zone, illustre la prudence de Washington, le président Trump ayant, selon des sources proches du dossier relayées par Lettera43, demandé à Benyamin Netanyahou de ne pas riposter et de laisser une chance à la diplomatie.
Au-delà du théâtre yéménite, l'épisode confirme la centralité des proxies iraniens dans la stratégie de contention d'Israël. Alors que Téhéran cherche à éviter un affrontement direct, l'utilisation de relais régionaux lui permet d'entretenir une pression constante sans franchir le seuil déclencheur d'une guerre régionale ouverte. Pour les chancelleries européennes, l'enjeu est double : préserver la liberté de navigation tout en évitant un embrasement qui menacerait les approvisionnements énergétiques et les équilibres précaires de la rive sud de la Méditerranée. La déclaration des Houthis, en reprenant la rhétorique de la riposte proportionnée, pourrait n'être que le prélude à une nouvelle phase de déstabilisation de l'espace maritime qui relie l'océan Indien au canal de Suez.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Les forces armées yéménites ont frappé des cibles sensibles dans Jaffa occupée et interdit toute navigation sioniste en mer Rouge, s'engageant à répondre à toute escalade par une escalade, dans le cadre de l'axe de la résistance.
Les Houthis soutenus par l'Iran ont tiré des roquettes sur le centre d'Israël sans faire de blessés et menacent de bloquer les navires israéliens en mer Rouge, une nouvelle escalade dans la guerre régionale, accueillie avec vigilance et scepticisme du côté israélien.
Alors qu'Israël et l'Iran échangent des frappes, les rebelles houthis du Yémen revendiquent une attaque de missiles contre Israël et décrètent un blocus naval, faisant craindre de nouvelles perturbations sur une voie maritime stratégique ; la diplomatie occidentale appelle à la retenue.
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