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Le pape Léon XIV dénonce le « délire d’omnipotence » américano-israélien en Iran

Lors d’une veillée de prière à Saint-Pierre de Rome, le pape Léon XIV a condamné avec force la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, tout en appelant à la paix en Ukraine et au Liban.

Société7 sources3 langues3 min de lectureMàj 10:29

Tandis que Washington et Téhéran entamaient samedi des négociations directes au Pakistan sous un fragile cessez-le-feu, le pape Léon XIV a prononcé depuis la basilique Saint-Pierre la condamnation la plus virulente de son pontificat contre la guerre qui oppose les États-Unis et Israël à l’Iran. « Assez de l’idolâtrie du moi et de l’argent, assez de l’ostentation de la force, assez de la guerre », a lancé le souverain pontife en italien, dénonçant un « délire d’omnipotence qui nous entoure et devient de plus en plus imprévisible et agressif ».

Cette intervention marque une rupture avec la réserve observée par le premier pape américain de l’histoire depuis son élection. Jusqu’ici, Léon XIV avait privilégié l’unité d’une Église catholique politiquement diverse, évitant la confrontation frontale avec le président Donald Trump, comme le soulignent les analyses américaines. Son silence relatif frustrait ceux qui espéraient faire de lui l’antagoniste principal d’une administration prompte à justifier la guerre en termes religieux. La vigueur de sa prise de parole, le jour même de l’ouverture de pourparlers, suggère un calcul diplomatique autant qu’une urgence prophétique.

Le discours pontifical ne s’est pas limité au théâtre iranien. Léon XIV a associé à sa prière le peuple ukrainien, pour lequel il demande que « l’attention de la communauté internationale ne faiblisse pas », et le Liban, où le « principe d’humanité » impose l’obligation morale de protéger les civils. Les perspectives européennes, notamment italiennes et espagnoles, insistent sur cette dimension universelle de son appel, y voyant une réactivation des grands cris pacifistes de Paul VI et Jean-Paul II contre la « folie » de la guerre.

Les médias anglo-saxons, conservateurs comme progressistes, interprètent unanimement cette sortie comme une mise en cause implicite de Donald Trump et des responsables américains qui « se vantent fièrement » de leur supériorité militaire. Le choix de ne pas nommer le président confère au message une portée morale plus large, tout en évitant une personnalisation qui diviserait les fidèles. En filigrane se dessine l’émergence d’une voix transatlantique distincte : un pasteur américain qui, fort de sa légitimité pontificale, tente de contenir le « cycle démoniaque du mal » par une alternative fondée sur la dignité, la compréhension et le pardon, sans drone ni vengeance.

Cet épisode pourrait redéfinir l’équilibre au sein d’un catholicisme pris entre la tentation de soutenir un gouvernement américain proche de certains milieux évangéliques et l’exigence évangélique de la paix. Alors que la guerre en Iran s’enlise et que les initiatives diplomatiques restent fragiles, la parole papale se pose en rempart symbolique contre une escalade que beaucoup, en Europe et ailleurs, jugent irrationnelle.

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La Stampa
Il Fatto Quotidiano
La Vanguardia
Fox News
NPR
CBS News
The Atlantic