Lagarde temporise sur les taux et met en garde contre la fragmentation budgétaire
La présidente de la BCE a refusé de dévoiler ses intentions monétaires avant juin, tout en rappelant les règles budgétaires européennes. L'inflation pourrait être révisée à la baisse.

Invitée de l'émission italienne Che tempo che fa, Christine Lagarde a soigneusement évité de donner le moindre signal sur la prochaine décision de taux de la Banque centrale européenne, renvoyant toute annonce au Conseil des gouverneurs du 11 juin. Après avoir laissé entendre fin avril qu’elle savait « dans quelle direction nous allons », la présidente de la BCE a opté pour une prudence maximale, évoquant une « situation d’incertitude maximale » dans un contexte géopolitique instable.
Du point de vue de la lutte contre l’inflation, la tonalité s’est pourtant faite plus optimiste. Selon la presse espagnole, Lagarde a indiqué que les perspectives de hausse des prix seraient « probablement révisées » lors de la réunion de juin, la prévision de mars (2,6 % pour 2024) ayant déjà évolué favorablement. Cette inflexion, confirmée par plusieurs membres du Conseil, nourrit l’espoir d’une détente monétaire progressive dans la zone euro, particulièrement attendue au sud des Alpes et des Pyrénées.
Mais c’est sur le front budgétaire que le message s’est fait le plus ferme. Interrogée sur la demande de la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni d’obtenir des dérogations au Pacte de stabilité face à la crise énergétique, la dirigeante française a coupé court : « Nous avons des règles, et nous devons opérer à l’intérieur de ces règles. » Elle a plaidé pour une action européenne concertée, mettant en garde contre la tentation de voies nationales divergentes qui « réjouiraient nos ennemis ».
Ces déclarations illustrent le grand écart auquel est soumise la BCE, partagée entre la nécessité de soutenir une croissance atone et celle de préserver la crédibilité du cadre budgétaire commun. Du nord au sud de l’Union, les sensibilités s’opposent : Madrid et Rome attendent un assouplissement rapide des taux, que Berlin et La Haye conditionnent à une discipline renforcée. La synthèse s’annonce délicate et place le rendez-vous de juin sous haute tension politique.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Continental European press, especially Italian outlets, highlight Lagarde's caution in postponing the rate decision until June while rejecting Italy's request for a Stability Pact waiver. The contrast between earlier expectations of a rate hike and current uncertainty is emphasized, with a critical tone toward the rigidity of EU rules.
Latin American press reports Lagarde's statements on the likely upward revision of inflation forecasts in June in a neutral manner, without critical commentary or emphasis. The focus is on technical facts, with a detached and descriptive tone.
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