La mue institutionnelle des marchés de prédiction, entre paris insolites et appétit des hedge funds
Alors que des plateformes comme Kalshi attirent teneurs de marché et jeunes parieurs, les pronostics sur les extraterrestres ou le retour de Jésus révèlent une fascination ambivalente.

L’entrée en scène du groupe Susquehanna, géant américain du trading, dans la tenue de marché pour la plateforme Kalshi marque un tournant pour les marchés de prédiction. Jusque-là confinés à une niche de parieurs en ligne, ces produits attirent désormais l’attention d’investisseurs institutionnels, comme l’a révélé Jeremy Maletz, responsable macro-trading chez Susquehanna, lors d’un entretien accordé à Bloomberg. Cette évolution signale une volonté de légitimer ces contrats comme instruments financiers à part entière, au-delà du simple divertissement spéculatif.
Pourtant, l’attrait premier de ces plateformes demeure largement porté par une clientèle de jeunes hommes, séduits par l’appât du gain rapide. Thomas Christian Owens, un ingénieur de 29 ans d’Oklahoma City, a confié à CBS News avoir ouvert un compte sur Kalshi pour « s’amuser un peu » et arrondir ses fins de mois. Mais l’expérience s’est soldée par des pertes en quelques semaines. De l’autre côté, la presse hispanophone, notamment La República et La Opinión, s’étonne des paris les plus extravagants proposés sur Polymarket, plateforme new-yorkaise fondée en 2019 par Shayne Coplan. On y spécule sur la confirmation de vie extraterrestre par les États-Unis, un éventuel retour de Jésus-Christ ou même la libération de Nicolas Maduro, reflétant une culture de la prédiction qui flirte avec l’absurde.
Le phénomène est perçu différemment selon les rives de l’Atlantique. En Amérique du Nord, des entreprises comme Susquehanna s’efforcent de résoudre les problèmes de liquidité et d’attirer des volumes institutionnels, ce qui pourrait transformer ces marchés en outils de couverture pour les fonds spéculatifs. En revanche, dans les mondes hispanophone et francophone, où la régulation des jeux d’argent est souvent plus stricte, les marchés de prédiction sont encore largement associés aux paris en ligne et suscitent une méfiance tant réglementaire qu’éthique. En France, par exemple, l’Autorité nationale des jeux encadre rigoureusement ces activités, limitant leur développement.
L’arrivée de teneurs de marché professionnels pourrait accroître la crédibilité financière de ces plateformes, mais aussi en altérer la nature. En offrant des couvertures sophistiquées, elles risquent de dériver vers une financiarisation accrue, avec son lot de risques systémiques. Reste à savoir si les régulateurs, des deux côtés de l’Atlantique, suivront le mouvement ou imposeront des garde-fous. Pour l’heure, l’engouement pour les paris insolites témoigne d’un appétit populaire que la finance institutionnelle entend bien capter.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Les marchés de prédiction attirent les jeunes hommes en quête d’argent facile, y voyant un amusement et un complément de revenu. Un ingénieur de fabrication de 29 ans a ouvert un compte avec un petit dépôt et a commencé à parier des sommes modestes pour se faire plaisir. Il ne cherchait pas la fortune, juste un peu d’argent de poche supplémentaire.
La plateforme Polymarket nourrit l’engouement pour des paris insolites, du retour de Jésus à la confirmation d’une vie extraterrestre. Les paris ne se limitent plus au sport : on spécule désormais sur une grossesse de Taylor Swift ou l’achat d’OnlyFans par Elon Musk. Créée à New York en 2019 sur une base blockchain, elle convertit le moindre événement futur en contrat échangeable, aussi bizarre soit-il.
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