La France intercepte le pétrolier Tagor, Moscou dénonce une « piraterie internationale »
L’arraisonnement en Atlantique Nord d’un navire de la « flotte fantôme » russe, le quatrième en un an, illustre la montée des tensions entre Paris et Moscou sur le contournement des sanctions pétrolières.

Le 31 mai, en milieu de matinée, un détachement des commandos marine français a pris d’assaut, à partir d’un hélicoptère, le pont du Tagor, un pétrolier battant faussement pavillon camerounais, alors qu’il naviguait à environ 400 milles nautiques à l’ouest de la Bretagne. Cette opération, menée avec le soutien du Royaume-Uni et dans le respect du droit international selon l’Élysée, s’inscrit dans une série d’interceptions de navires que l’Union européenne associe à la « flotte fantôme » mobilisée par la Russie pour exporter son pétrole en dépit des sanctions imposées depuis l’invasion de l’Ukraine. Le président français Emmanuel Macron a diffusé sur le réseau X une vidéo de l’abordage, soulignant qu’« il est inacceptable que des bateaux contournent les sanctions internationales, violent le droit de la mer et financent la guerre que mène la Russie contre l’Ukraine depuis plus de quatre ans ».
Le Tagor, construit en 2008 et long de 252 mètres, avait quitté Mourmansk et faisait route vers Limbé, au Cameroun, sous un pavillon camerounais jugé frauduleux par les autorités françaises. À son bord, 23 membres d’équipage, dont un capitaine de nationalité russe qui a refusé à plusieurs reprises d’obtempérer aux injonctions des forces navales françaises. La préfecture maritime de l’Atlantique a précisé que le navire, placé sous sanctions européennes, britanniques et américaines, était escorté vers la baie de Douarnenez où il est attendu le mardi 2 juin. Une enquête de flagrance a été ouverte par le parquet de Brest pour « défaut de pavillon » et « refus d’obtempérer », la marine s’appuyant sur la convention des Nations unies sur le droit de la mer pour intercepter des navires dépourvus de nationalité légitime.
La réaction du Kremlin a été vive. Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a qualifié l’opération d’« illégale » et estimé qu’elle frôlait la « piraterie internationale ». Il a ajouté que la Russie « prendrait des mesures pour assurer la sécurité de ses cargaisons » et qu’elle continuerait de le faire « compte tenu de cette expérience négative ». Moscou dénonce une entrave à la liberté de navigation et conteste la légalité de l’interception en eaux internationales. Parallèlement, l’ambassade de Russie à Paris a indiqué que le capitaine était bien russe, mais qu’elle n’avait reçu aucune notification officielle des autorités françaises.
Cette interception est la quatrième opérée par la marine française depuis septembre 2025, après les arraisonnements du Boracay, du Deyna et du Grinch, tous suspectés d’alimenter le commerce pétrolier parallèle de la Russie. La multiplication de ces saisies illustre une volonté croissante de Paris et de ses alliés de faire respecter l’embargo, alors que les exportations d’hydrocarbures continuent de financer l’effort de guerre du Kremlin. D’après des investigations de médias russes indépendants, le Tagor serait indirectement lié à la famille d’un haut responsable iranien, soulignant la porosité entre réseaux d’évitement des sanctions russes et iraniens. Pour les capitales européennes, il s’agit d’envoyer un signal clair quant à la détermination à endiguer une « flotte fantôme » dont les pratiques opaques menacent la sécurité maritime et l’architecture des sanctions multilatérales. Ces interceptions, bien que ponctuelles, s’inscrivent dans un rapport de force global qui ne devrait pas s’apaiser tant que le conflit ukrainien perdurera.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
La Russie condamne vigoureusement la saisie du pétrolier Tagor par la marine française, qu'elle qualifie d'acte illégal frôlant la piraterie internationale. Moscou prévient que de telles interventions en haute mer mettent en danger la navigation commerciale mondiale. Le Kremlin annonce des mesures pour sécuriser ses cargaisons et souligne que le commandant est de nationalité russe.
Les marines européennes intensifient les contrôles de la flotte fantôme russe pour faire respecter les sanctions. L'interception du Tagor dans l'Atlantique, avec le soutien du Royaume-Uni, est le quatrième arraisonnement en moins d'un an. L'enquête porte sur l'usage d'un faux pavillon et le refus d'obtempérer, le navire étant escorté vers la Bretagne pour vérifications.
Le Kremlin accuse la France d'actes à la limite du terrorisme international après la saisie d'un pétrolier soupçonné de contourner les sanctions. Moscou agite la menace de représailles pour la sécurité du trafic maritime, ce qui aggrave le différend. L'affaire met en évidence l'escalade des tensions entre les puissances occidentales et la Russie dans la guerre de l'ombre en mer.
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