La Chine dément les récits d’un coup de colère de Xi Jinping face à Trump sur le Japon
Selon le Financial Times, le président chinois s’est emporté en critiquant la politique de défense de Tokyo lors du sommet de Pékin. Pékin parle d’informations « non conformes à la réalité ».

Le ministère chinois des Affaires étrangères a fermement démenti, par la voix de sa porte-parole Mao Ning, les informations de la presse occidentale faisant état d’un éclat de voix du président Xi Jinping à l’égard de Donald Trump. « Le contenu des récits que vous mentionnez ne correspond pas aux données dont dispose la partie chinoise », a-t-elle déclaré, relayée par les médias russes et les agences chinoises. Cette mise au point intervient après que le Financial Times, cité par plusieurs titres, a décrit l’irritation du numéro un chinois au sujet du réarmement nippon.
Selon la reconstitution du quotidien britannique reprise par la presse moscovite, et notamment par Meduza, Xi Jinping aurait élevé la voix et adopté un ton « émotionnel et irrité » en évoquant la première ministre japonaise Sanae Takaichi, allant jusqu’à dénoncer la « remilitarisation » du Japon. Des sources proches des discussions, citées tant par les rédactions russes que par le journal italien Adnkronos, soulignent que cette charge verbale, complètement imprévue pour les officiels américains, « a constitué le moment le plus tendu du sommet de deux jours ».
Face à cette colère, la réaction de Donald Trump a été, selon les mêmes sources, de défendre la dirigeante nippone en justifiant le renforcement des capacités de défense du Japon par la menace nord-coréenne. L’épisode ne s’est pas arrêté aux portes de la salle de réunion : à peine l’avion présidentiel Air Force One avait-il décollé que Trump passait un appel téléphonique à Sanae Takaichi, rapporte le média panarabe Sky News Arabia, se faisant l’écho de fuites japonaises. Ce geste diplomatique immédiat tranche avec la tonalité publique de Pékin.
La couverture médiatique croisée met au jour un fossé d’interprétation entre les blocs. Les rédactions russes, à l’image de Kommersant ou Meduza, insistent sur le caractère inattendu et « brûlant » de l’échange, tandis que les agences officielles chinoises opposent un démenti catégorique, laissant planer le doute sur la réalité exacte des échanges. Les sources arabes et japonaises ajoutent en revanche une pièce au dossier en documentant le coup de fil de Trump, signe que Washington tente d’apaiser un triangle de plus en plus inflammable.
À l’heure où les équilibres stratégiques indo-pacifiques se redessinent, l’affaire révèle combien la question japonaise demeure une ligne de fracture au sein du face-à-face sino-américain. La nervosité attribuée au président chinois pourrait augurer d’une posture plus musclée de Pékin à l’égard d’un gouvernement Takaichi jugé trop complaisant envers l’allié américain. La gestion de cette tension naissante dira si la diplomatie silencieuse du téléphone l’emporte sur la rhétorique de l’invective.
Cette actualité est parue dans
8 sources · 4 langues · fenêtre 24 h