Ormuz : Téhéran et Mascate imposeront un péage aux navires
Un mécanisme conjoint justifié par des services environnementaux et sécuritaires, alors que la guerre régionale a perturbé les flux pétroliers mondiaux.

L’Iran et Oman préparent une transformation majeure du transit maritime dans le détroit d’Ormuz. Les deux États côtiers annoncent, par la voix de l’ambassadeur iranien à Moscou et de responsables parlementaires, la mise en place d’un système de paiement obligatoire pour les navires empruntant cette voie stratégique. Officiellement, il ne s’agit ni d’un droit de passage ni d’une rançon, mais de la contrepartie de services de guidage, de recherche et sauvetage, de protection de l’environnement marin et de sécurisation de la navigation. Cette formule s’appuie, selon les médias iraniens, sur le régime juridique du « passage inoffensif » reconnu par le droit international, qui autorise les pays riverains à exiger des frais pour les prestations rendues et à réclamer réparation en cas de pollution.
Les détails pratiques révélés côté iranien indiquent que les prélèvements ne sont pas une projection théorique. Le député Mohsen Zanganeh a confirmé que chaque navire acquitte actuellement entre 1,5 et 2 millions de dollars, sommes immédiatement reversées au Trésor public. Le paiement peut être effectué en espèces, par troc de marchandises, voire en cryptomonnaie (Tether). Un plan de gestion en douze points, supervisé par le Conseil suprême de sécurité nationale en coordination avec le ministère de l’Économie, encadre ce dispositif. La presse russe a relayé l’annonce de l’ambassadeur Kazem Jalali, qui conditionne la réouverture totale du détroit à ces nouvelles règles définies conjointement avec Mascate.
Cette évolution survient alors que le conflit américano-israélien contre l’Iran a considérablement réduit les flux pétroliers. Avant les hostilités, près d’un cinquième de la production mondiale empruntait ce goulet. Plusieurs pétroliers ont certes pu quitter le Golfe ces dernières semaines, mais les expéditions de brut et de gaz naturel liquéfié restent très limitées. Du côté indien, le ministre du Pétrole Hardeep Singh Puri a reconnu une baisse sensible du trafic, tout en écartant pour l’instant une flambée des prix à la pompe, stables depuis 2022. Pour les importateurs européens et africains, ainsi que pour les économies francophones tributaires des approvisionnements du Moyen-Orient, l’institutionnalisation d’un péage maritime introduit un nouvel aléa durable, bien au-delà du dénouement de la crise militaire.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
L'Iran présente le nouveau régime de transit du détroit d'Ormuz comme un exercice légitime de sa souveraineté et un service rendu à la navigation, non comme une extorsion. Après le conflit qui a interrompu le trafic, le détroit rouvre sous gestion conjointe irano-omanaise, avec des redevances couvrant la sécurité, le sauvetage et la protection de l'environnement, que les nations maritimes accepteraient sans réserve.
Le détroit d'Ormuz rouvrira, mais aux conditions fixées par Téhéran et Mascate, y compris un droit de transit, après des mois de guerre qui ont étouffé les flux pétroliers. Le trafic reste très limité, ce qui suscite des inquiétudes sur les marchés énergétiques mondiaux et le coût du passage par ce goulet d'étranglement stratégique.
Alors que le trafic pétrolier du détroit d'Ormuz reste perturbé par le conflit entre l'Iran et Israël, l'Inde se prépare à d'éventuels chocs sur les prix des carburants, même si le gouvernement assure que les prix à la pompe sont stables depuis 2022. Le goulet du Golfe persique rouvrira avec un péage, ce qui renforce les incertitudes pour les économies importatrices.
L'ambassadeur iranien à Moscou a déclaré que le détroit d'Ormuz ne rouvrira que moyennant paiement d'un droit de transit, dont les modalités seront arrêtées avec Oman. Cette décision est présentée comme une condition nécessaire au rétablissement de la navigation ordinaire par cette artère pétrolière essentielle.
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