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samedi 6 juin 2026 · Édition de 10:00 CET

L’intelligence artificielle à l’école et au travail : la Russie forme, l’Occident s’inquiète

Moscou annonce un plan de formation des enseignants à l’IA et nie tout impact sur l’emploi, tandis qu’aux États-Unis et au Brésil, les voix critiques alertent sur la précarisation et la stagnation.

Économie4 sources2 langues3 min de lectureMàj 13:50

Dans un contexte de numérisation accélérée de l’éducation, la Russie a dévoilé, lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, un programme de formation des enseignants aux outils d’intelligence artificielle. Le ministre du Numérique, Maksout Chadaïev, a précisé que ce plan, piloté conjointement par les ministères du Numérique et de l’Éducation, n’entraînerait aucune modification des procédures de certification des professeurs. Cette initiative s’inscrit dans une approche étatique revendiquée, comme l’a souligné le président de la commission de la Douma pour la science et l’enseignement supérieur, Sergueï Kabychev, selon qui « la responsabilité des risques liés à l’introduction de l’IA dans l’éducation doit être assumée par l’État ».

Aux États-Unis, le ton est tout autre. Randi Weingarten, présidente de la Fédération américaine des enseignants, a récemment appelé à restreindre l’usage de l’intelligence artificielle et des écrans dans les écoles, afin de « tirer parti des avantages de la technologie tout en atténuant ses méfaits ». Ce revirement intervient après des années d’investissements massifs – 88 % des écoles publiques américaines équipent désormais chaque élève d’un ordinateur portable ou d’une tablette – et un partenariat controversé entre le syndicat et des géants comme Microsoft ou OpenAI. La critique de la technologisation à outrance trouve un écho dans les analyses de l’historien brésilien Aaron Benanav, pour qui la véritable menace sur l’emploi n’est pas l’IA mais la stagnation économique mondiale. Spécialiste de l’automatisation, il observe que l’intelligence artificielle frappe surtout les travailleurs débutants, aggravant la précarité et tirant les salaires vers le bas, comme en témoignent les plates-formes de type Uber.

Du côté russe, l’optimisme domine. Le directeur général de l’institut de sondage VTsIOM, Konstantin Abramov, a affirmé que le développement technologique transformait la structure de l’emploi sans évincer les travailleurs, le faible taux de chômage s’expliquant d’abord par une pénurie structurelle de main-d’œuvre. Il pointe toutefois un déséquilibre persistant : trop de diplômés en droit, en économie ou en gestion, pas assez d’ingénieurs, de techniciens et d’ouvriers qualifiés. Ce constat résonne avec l’analyse de Benanav sur la faible productivité des services, mais Moscou met en avant un volontarisme formateur plutôt qu’une critique du modèle économique. La sociologie générationnelle, esquissée par le même institut, nuance le tableau : la jeunesse russe actuelle, décrite comme plus exigeante sur la qualité de vie et le sens du travail, se distingue de la génération des années 1990, focalisée sur la survie et l’enrichissement rapide.

En toile de fond, la société russe affiche une « tension interne modérée » selon VTsIOM, avec un indice de –4, mêlant adaptation et optimisme prudent. Cette divergence transatlantique – foi étatique dans la formation d’un côté, mise en garde contre les dérives technologiques de l’autre – illustre deux manières d’appréhender la révolution de l’IA. Alors que les économies développées peinent à concilier progrès technique et cohésion sociale, la question centrale demeure celle de l’adéquation entre les systèmes éducatifs et les besoins réels du marché du travail. L’intervention publique, prônée à Moscou comme à Washington, pourrait s’avérer décisive pour éviter que l’intelligence artificielle ne creuse les inégalités.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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Stampa russa e CSI · statoStampa atlantica / anglosfera · progressistaStampa latinoamericana · mercato
Stampa russa e CSI/ statopragmatismopaternalismo

Les autorités russes lancent un programme de perfectionnement des enseignants aux outils d'IA, l'État assumant la responsabilité des risques. Les sondages révèlent une société résiliente, un faible chômage et une jeunesse qui s'adapte à un monde complexe ; l'IA ne détruit pas les emplois mais en modifie la structure.

Stampa atlantica / anglosfera/ progressistaallarmescetticismo

Un dirigeant syndical alerte contre l'abus de l'IA et des écrans à l'école, affirmant que l'ennui est plus profitable aux enfants que l'apprentissage piloté par des algorithmes. Des milliards dépensés en équipements pendant la pandémie sont désormais perçus comme un gaspillage, et des restrictions s'imposent pour limiter les dégâts.

Stampa latinoamericana/ mercatoscetticismodistacco

Un historien de l'économie affirme que la menace réelle pour l'emploi n'est pas l'intelligence artificielle mais la stagnation économique mondiale et la faible croissance de la productivité dans les services. L'IA touche surtout les travailleurs débutants, alors que le vrai problème est le déficit structurel d'emplois dû au basculement vers une économie de services peu productive.

Cette actualité est parue dans

4 sources · 2 langues · fenêtre 24 h

Lenta.ru6 juin, 10:39
Vedomosti6 juin, 12:56
MSNBC6 juin, 12:57
UOL6 juin, 07:15