L’assaut américain contre les narcolanchas ne tarit pas le flot de cocaïne
Malgré des frappes répétées et un coût exorbitant, la disponibilité de la cocaïne aux États-Unis reste inchangée, selon des experts en santé publique. Un échec qui interroge l’approche militarisée de la lutte antidrogue.

Le 30 mai dernier, la Force opérationnelle interarmées Spear du Sud, sous commandement du général Francis L. Donovan, a intercepté une nouvelle “narcolancha” dans le Pacifique oriental, tuant trois trafiquants présumés. Cette frappe porte à plus de 190 le nombre de morts lors d’opérations similaires menées depuis des mois par les États-Unis, dans le cadre d’un déploiement militaire sans précédent en Amérique latine depuis la fin de la Guerre froide. Pourtant, ces actions musclées, vantées par le Commandement sud des États-Unis (Southcom), semblent n’avoir qu’un impact dérisoire sur le commerce de la cocaïne.
Près de neuf mois après le lancement de cette offensive, des épidémiologistes, des spécialistes des addictions et des experts en santé publique affirment que la drogue reste aussi facile à obtenir qu’auparavant dans une grande partie du territoire américain. Leurs conclusions, fondées sur l’évolution des prix de rue, les overdoses mortelles, la pureté des échantillons et les saisies aux frontières, jettent un doute profond sur l’efficacité de cette stratégie militaire. La cocaïne, principal stupéfiant en provenance d’Amérique du Sud, continue d’inonder le marché nord-américain, indifférente aux frappes maritimes.
Le coût de ces opérations, estimé à 4,7 milliards de dollars par le projet “Coûts de la guerre” de l’Université Brown, soulève des interrogations, en particulier du point de vue européen. Alors que Washington concentre ses efforts sur l’interdiction des routes du Pacifique, l’Europe reçoit des flux croissants de cocaïne via l’Atlantique et les ports d’Afrique de l’Ouest, en Belgique ou aux Pays-Bas. Cette dispersion géographique illustre l’échec d’une approche purement répressive : les trafiquants adaptent leurs itinéraires, et la demande mondiale ne faiblit pas.
Pour de nombreux analystes latino-américains, cette militarisation reproduit les erreurs du Plan Colombie et de la “guerre contre la drogue”, en ciblant l’offre sans s’attaquer aux causes structurelles de la production ni à la consommation. Les communautés côtières subissent des violences collatérales, tandis que les cartels se recomposent. L’absence de résultats tangibles, malgré un déploiement massif, appelle à une réévaluation profonde des politiques antidrogue, en intégrant des perspectives de santé publique et de réduction des risques, chères aux Européens.
Face à ce bilan, la question n’est plus seulement américaine. La Belgique et le Canada, plaques tournantes du narcotrafic, observent avec inquiétude ces échecs. L’heure est peut-être venue de reconnaître que sans une coopération transatlantique et une approche centrée sur la demande, les canons ne feront jamais le poids face aux vagues de cocaïne.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
Près de neuf mois après le lancement de l'opération, des experts latino-américains en santé publique et en épidémiologie soulignent que la cocaïne reste facilement accessible dans une grande partie des États-Unis, remettant en cause l'efficacité du plus vaste déploiement militaire américain dans la zone. Les indicateurs de prix, les overdoses mortelles et les saisies à la frontière montrent que le flux n'a pas été jugulé et nourrissent des interrogations sur la stratégie des frappes cinétiques.
L'armée américaine a frappé un nouveau bateau présumé de trafic de drogue dans le Pacifique oriental, tuant trois personnes et portant le total à plus de 200 morts depuis septembre, sans qu'aucune preuve des accusations n'ait été fournie. L'accumulation des victimes et l'absence de transparence suscitent l'indignation et jettent une lumière crue sur des attaques cinétiques menées sur de simples soupçons.
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