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lundi 8 juin 2026 · Édition de 20:00 CET

L’administration Trump ouvre une enquête pour parjure contre son accusatrice E. Jean Carroll

Le ministère de la Justice examine les déclarations sous serment de la journaliste, tout en sondant le financement de ses procès par une fondation liée au philanthrope Reid Hoffman.

Droit8 sources5 langues3 min de lectureMàj 04:00

Le département de la Justice des États-Unis a annoncé une enquête pénale sur les possibles faux témoignages d’E. Jean Carroll lors des procès civils intentés contre Donald Trump pour agression sexuelle et diffamation. Une source proche du dossier a toutefois précisé, selon CBS News [A1], que l’écrivaine n’est pas la cible directe : les investigations visent le financement de ses actions en justice par une organisation à but non lucratif pilotée par Reid Hoffman, cofondateur de LinkedIn. L’examen de sa déposition sur l’origine des fonds s’inscrit donc dans une procédure plus large, et non dans une poursuite personnelle pour parjure.

La presse européenne interprète cette initiative comme une nouvelle illustration de l’instrumentalisation du ministère par un président prompt à la vengeance. En Allemagne, Bild [A2] titre que Trump « fait enquêter » son accusatrice, soulignant le revirement dramatique. En Italie, Affari Italiani [A3] relève le rôle de Todd Blanche, procureur général par intérim et ancien avocat personnel de Trump, ce qui alimente les soupçons de politisation. Les quotidiens espagnols La Vanguardia [A4] et El País [A6] décrivent une « vengeance du pouvoir » s’inscrivant dans une série de représailles contre les opposants, alors que les médias russes, tels Vedomosti [A5], se bornent à rapporter l’enquête sous un angle factuel, sans commentaire éditorial.

Le contexte judiciaire américain pèse lourd. Deux jurys ont condamné Trump à verser 5 millions puis 83 millions de dollars à Carroll, qui a raconté une agression sexuelle dans un grand magasin new-yorkais dans les années 1990. L’enquête fédérale, confiée au procureur Andrew Boutros nommé par Trump, tombe après ces verdicts et à l’heure où l’ancien président mobilise les leviers de l’État fédéral contre des figures qui l’ont défié. Les zones d’ombre sur la cible réelle de l’enquête — l’écrivaine elle-même ou le montage financier de ses recours — reflètent la tension entre une investigation en apparence technique et une campagne de discrédit politique.

Pour les observateurs francophones, cette séquence rappelle combien l’autonomie du ministère de la Justice peut vaciller sous le poids de l’exécutif. Si la piste du financement par Hoffman se vérifie, elle pourrait ouvrir un front secondaire sur le mécénat juridique dans les contentieux politiquement sensibles, un sujet qui résonne au Canada et en Belgique où la transparence du financement des procès est parfois débattue. À plus long terme, le climat d’intimidation risque de décourager les futures victimes de dénoncer des personnalités puissantes, affaiblissant la crédibilité de la justice états-unienne bien au-delà des rivages de l’Atlantique.

Cette actualité est parue dans

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Vedomosti
Bild
Affari Italiani
RBK
La Vanguardia
El País
CBS News
The Hill