Iran nucléaire : l'AIEA exige l'accès aux sites bombardés, Téhéran dénonce un « mensonge »
Rafael Grossi exhorte l'Iran à reprendre la coopération sur les sites nucléaires bombardés, alors que l'Occident pousse une résolution. Téhéran dénonce un « mensonge » et pointe les contradictions du directeur général.

Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a lancé un appel pressant à l'Iran pour qu'il renoue le dialogue et autorise les inspections dans les sites nucléaires bombardés il y a un an par les États-Unis et Israël. Cette demande, formulée le 9 juin devant le Conseil des gouverneurs, intervient alors que Washington et ses alliés poussent un projet de résolution exigeant la reprise des vérifications. Les frappes de juin 2025 ont détruit ou gravement endommagé des installations d'enrichissement, mais une part importante de l'uranium hautement enrichi – jusqu'à 60 %, à un pas du seuil de 90 % nécessaire à une arme – resterait introuvable, selon des sources concordantes à New Delhi, Washington et Beyrouth.
La presse iranienne a immédiatement réagi en accusant Grossi de « mensonge ». Le quotidien Hamshahri rappelle que le même responsable avait affirmé en mai 2025 que l'AIEA ne pouvait « pas garantir que le programme nucléaire de Téhéran soit exclusivement pacifique », contredisant sa déclaration récente selon laquelle l'Agence n'aurait « jamais dit que les Iraniens fabriquaient une arme atomique ». Cette controverse sémantique révèle une fracture profonde : pour Téhéran, l'ambiguïté entretenue par l'AIEA sert à justifier une pression politique occidentale, tandis que pour les capitales atlantiques, l'absence de coopération iranienne alimente les soupçons de militarisation.
Sur le terrain, la situation reste opaque. Grossi a reconnu que l'AIEA avait dû suspendre toutes ses activités de vérification en février 2026 en raison du conflit militaire, et que seule une inspection de routine de la centrale de Bouchehr avait pu reprendre la semaine dernière. Depuis près d'un an, aucun accès n'a été accordé aux installations déclarées endommagées, si bien que l'Agence ignore l'état réel des stocks d'uranium enrichi. Cette lacune, soulignée par le site Khabar Online, place la communauté internationale dans une incertitude dangereuse, alors que les quantités d'uranium de qualité quasi militaire demeurent inconnues.
La dynamique diplomatique est encore compliquée par le contexte des négociations sur un cessez-le-feu et le nucléaire. La résolution occidentale, si elle est adoptée, pourrait aggraver les tensions et compromettre les pourparlers. Les médias arabes, comme An-Nahar, insistent sur le rôle moteur de Washington dans cette initiative, tandis que la Voix de l'Amérique en persan qualifie systématiquement l'Iran de « régime », reflétant l'alignement éditorial sur la position américaine. À l'inverse, les sources iraniennes dénoncent une « campagne de pression » et mettent en avant la coopération ponctuelle sur Bouchehr pour relativiser la crise.
À plus long terme, l'impasse actuelle risque d'éroder le régime de non-prolifération. Si l'uranium enrichi à 60 % a survécu aux bombardements, comme le suggèrent les analyses techniques relayées par plusieurs agences, la question de sa localisation et de son contrôle devient cruciale. L'AIEA se trouve prise entre la nécessité de maintenir un canal de communication et la pression des États qui exigent des comptes. La crédibilité de l'Agence, déjà mise à mal par les accusations iraniennes de partialité, dépendra de sa capacité à obtenir des vérifications sans apparaître comme un instrument de l'Occident.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
L'AIEA s'alarme de la persistance du black-out de communication imposé par le régime iranien et l'exhorte à reprendre sa coopération pour permettre l'inspection des sites nucléaires bombardés par les États-Unis et Israël. Les puissances occidentales poussent à une résolution car Téhéran n'a pas révélé le sort des matières nucléaires, dont de l'uranium enrichi à un niveau proche de l'usage militaire, suscitant de vives inquiétudes de prolifération.
Le directeur général de l'AIEA est accusé de mentir sur ses déclarations antérieures concernant le programme nucléaire iranien, affirmant faussement n'avoir jamais dit que l'Iran fabriquait une bombe. Il est dépeint comme un acteur central de la crise, tandis que l'Iran souligne que les inspections ont partiellement repris à Bouchehr, contestant le récit d'une non-coopération totale.
Le chef de l'AIEA a exhorté l'Iran à reprendre le dialogue et à autoriser des inspections dans les sites frappés il y a un an par des frappes aériennes américaines et israéliennes. Cet appel intervient alors que les puissances occidentales poussent un projet de résolution au conseil de l'agence, dans un contexte d'incertitude persistante sur l'état des matières nucléaires et de blocage des pourparlers diplomatiques.
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